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Les ventes d’oeuvres d’art aux enchères ont dégagé 7,1 Md$ sur le premier semestre 2014
Communiqué du 2 septembre 2014
vendredi, 5 septembre 2014
/ Administrateur

artprice



7,1 milliards... tel est le fruit de la ventes d’oeuvres d’art aux enchères (hors frais) sur le premier semestre de l’année 2014. Un chiffre record qui représente un milliard de plus que l’an dernier (premier semestre 2013) mais surtout 5,2 milliards de plus qu’il y a 10 ans. Les recettes du marché de l’art dans le monde ont ainsi progressé de +17 % cette année et de 275 % à l’échelle de la décennie !

Et pour cause, la demande s’est considérablement renforcée sur le marché haut de gamme (celui des oeuvres à plus d’un million) mais aussi sur le très haut de gamme à plus de 10 m$. La première moitié de l’année 2014 récompense par ailleurs un panel d’artistes modernes, d’après-guerre et contemporain à des niveaux stratosphériques, avec sept adjudications supérieures à 50 m$. Faute de chefs-d’oeuvre ancien emblématiques, les meilleures enchères se portent en effet des oeuvres du XXème siècle, notamment des peintures occidentales de la seconde moitié du XXème siècle. Ainsi, cette année, les sommets de Juan Gris (qui a établi un nouveau record à 50 m$ en février avec Nature morte à la nappe à carreaux de 1915) ou de Claude Monet, restent en-deçà des générations suivante d’artistes plus « jeunes ». Les cinq meilleures adjudications 2014 désignent en effet Barnett Newman (nouveau record à 75 m$ pour Black Fire I, 1961), Francis Bacon (72 m$ pour Studies for a Portrait of John Edwards de 1984 et 62 m$ pour Portrait of George Dyer Talking de 1966), Mark Rothko (59 m$ pour Untitled de 1952) et Andy Warhol (56 m$ pour Race Riot,1964) avant le record de Juan Gris.

Signe des temps, des artistes toujours vivants talonnent les grands maîtres impressionnistes. L’histoire de l’art déjà écrite n’est pas plus valorisée que celle en train de se faire, au contraire. De l’ère du kitsch (Jeff Koons) à la quête d’une peinture absolue (Gerhard Richter), les oeuvres des années 80’ ont aujourd’hui plus de valeur sur le marché que l’impressionnisme de Camille Pissarro. Pissarro avait beau signer un nouveau record de 28,5 m$ en février à Londres... ce record reste éloigné des 30 m$ emporté en mai 2014 par notre contemporain Jeff Koons, avec une sculpture achevée en 1986 (Jim Beam - J.B. Turner Train).

Les deux artistes vivants les plus cotés aujourd’hui, Jeff Koons et Gerhard Richter, ajoutent à leurs palmarès une adjudication de 30 m$ pour le premier et de 28,7 m$ pour le second. Ces résultats sont impressionnants certes. Ils équivalent peu ou proue à six mois de ventes d’oeuvre d’art sur une place de marché aussi établie que Taïwan par exemple. Et pourtant, Koons et Richter sont déjà allés plus haut. Jeff Koons surtout, avec quelques 52 m$ emporté en novembre 2013 pour son Balloon dog (Orange) chez Christie’s New York.

USA / Chine / Royaume-Uni

Les meilleurs résultats pour l’art d’après-guerre et contemporain sont d’abord signés à New York. Logique, puisqu’exception faite de Francis Bacon, les artistes les plus cotés du XXème siècle sont d’abord américains (Newman, Rothko, Warhol, Basquiat, Koons). Grâce au marché new-yorkais (surtout les grandes ventes de Christie’s et Sotheby’s sur place), 2,3 milliards d’oeuvres ont été adjugées aux Etats-Unis en 2014. Tiré par la course aux records, le marché américain croît de +28 % cette année (premier semestre 2014 vs premier semestre 2013) et devance largement la Chine (1,9 milliard de produit de ventes, en hausse de près de 7% comparé à 2013). Le marché britannique est lui aussi en pleine expansion, avec des recettes en hausse de près de 26 % (1,8 milliard en 2014 contre 1,4 milliard au premier semestre 2013). Londres conserve la palme du marché moderne haut de gamme. C’est là que furent enregistrés cette année les résultats de Juan Gris à 50,7 m$, de Claude Monet à 48 m$, de Camille Pissarro à 28,5 m$ et de Pablo Picasso à 28 m$.

A semestre historique, vente historique

Huit des vingt meilleures enchères 2014 – dont les deux premières de Newman et Bacon - datent du 13 mai 2014. Ce jour là, Christie’s donnait une vente de prestige d’après-guerre et contemporain. Résultat final : 745 m$ de produit de ventes et 95% de lots vendus, du jamais vu (contre 364 m$ chez sa concurrente Sotheby’s le lendemain avec 85% des lots vendus). Cette vacation est non seulement marquante dans l’histoire de la multinationale britannique mais également dans l’histoire du marché de l’art. Jamais auparavant une vente d’oeuvres d’art n’avait réalisé un tel score. Christie’s New York est parvenue à générer, en une seule soirée et seulement 68 lots, 31 % du produit des ventes américain du premier semestre 2014 ou encore 41 % du résultat du Royaume-Uni sur la même période. En-dehors de Londres, les places de marché européennes ne peuvent pas suivre le rythme : un soir chez Christie’s à New York représentant plus de deux fois et demi un semestre d’enchères en France, lointaine quatrième place de marché dans le monde (284 m$ d’oeuvres vendues en France au premier semestre, soit 3,9 % du marché mondial).

De records en records, le marché haut de gamme poursuit sa cadence et les investissements sont si massifs que rien, aujourd’hui, ne laisse présager un quelconque retournement de situation.