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Élimination
des doubles impositions en cas de correction
des bénéfices d'entreprises associées
:Projet
de loi autorisant l'approbation du protocole
modifiant la convention du 23 juillet 1990
relative à l'élimination des doubles
impositions en cas de correction des
bénéfices d'entreprises associées, déposé
au Sénat le 9 Mai 2001
Document
tiré de l'annexe au procès-verbal de la
séance du 9 mai 2001
(Renvoyé à
la commission des Finances, du contrôle
budgétaire et des comptes économiques de la
nation sous réserve de la constitution
éventuelle d'une commission spéciale dans
les conditions prévues par le Règlement).
EXPOSÉ
DES MOTIFS :Le protocole modifiant la
convention du 23 juillet 1990 relative à
l'élimination des doubles impositions en cas
de correction des bénéfices d'entreprises
associées a été établi à Bruxelles le 25
mai 1999 et signé par la France à cette
date.
L'objet
principal de ce protocole est de proroger la
convention du 23 juillet 1990, dite "
convention d'arbitrage ", relative à
l'élimination des doubles impositions en cas
de correction des bénéfices d'entreprises
associées.
A cet effet,
l'article 1er du protocole amende l'article 20
de la convention, qui prévoyait une telle
possibilité de prorogation, afin de permettre
à l'avenir une prorogation automatique par
périodes de cinq ans, sauf objection d'un
Etat contractant. Cette objection doit être
faite, le cas échéant, par écrit auprès du
Secrétaire général du Conseil de l'Union
européenne, au plus tard six mois avant
l'expiration de la période considérée.
Le dispositif
introduit par la convention du 23 juillet
1990 apporte une solution novatrice à un
problème classique en droit fiscal
international.
Les conventions
fiscales internationales conformes au modèle
adopté par l'OCDE en 1977 comportent un
article " entreprises associées "
(article 9 du modèle) et un article "
procédure amiable " (article 25 du
modèle) relatif au règlement amiable en cas
de double imposition, par concertation entre
les autorités compétentes des Etats
contractants.
D'après
l'article 9 du modèle, les bénéfices
d'entreprises associées doivent être
déterminés dans des conditions analogues à
celles qui seraient convenues entre des
entreprises indépendantes. Lorsqu'un Etat
procède sur ce fondement à un rehaussement
des bénéfices d'une entreprise, l'Etat où
est située l'autre entreprise accorde, s'il
l'estime justifié, un ajustement corrélatif
pour éviter que les deux entreprises ne
soient imposées au titre des mêmes
opérations.
L'article 25 du
modèle prévoit que lorsque l'application de
la convention conduit à une double
imposition, les autorités compétentes des
Etats membres, saisies par les contribuables
concernés, s'efforcent d'y remédier.
Cette
procédure, d'usage courant dans les relations
fiscales internationales, présente toutefois
deux limites :
- elle n'est
encadrée par aucun délai ;
- elle n'est
pas contraignante pour les Etats, qui n'ont
pas obligation de conclure la procédure.
La
convention du 23 juillet 1990 pallie ces
inconvénients en prévoyant la mise en oeuvre
d'une commission consultative d'arbitrage si
aucun accord n'a pu intervenir entre
autorités compétentes dans un délai de deux
ans à la suite de l'ouverture de la
procédure amiable. Cette commission rend un
avis dans un délai de six mois. Les
autorités fiscales disposent alors d'un
délai de six mois pour parvenir à un accord.
Si aucun accord n'a été obtenu au terme de
ce délai, l'avis de la commission d'arbitrage
s'impose alors à elles.
Ces procédures
permettent de remédier tant aux situations de
double imposition juridique dans lesquelles un
même contribuable est imposé dans deux Etats
à raison d'un même revenu, qu'aux situations
de double imposition économique dans
lesquelles deux contribuables différents
établis respectivement dans deux Etats, sont
imposés à raison du même revenu.
La
convention du 23 juillet 1990 a dû être
révisée pour permettre l'adhésion des trois
nouveaux Etats membres de l'Union européenne,
l'Autriche, la Suède et la Finlande. La
convention signée le 21 décembre 1995
amende les dispositions de la convention du 23
juillet 1990 afin de permettre l'adhésion des
trois nouveaux Etats membres à cette
convention et d'adapter en conséquence
certaines de ses dispositions.
La portée pour
la France de ce protocole est le maintien du
bénéfice des procédures amiables et
d'arbitrage instituées par la convention
du 23 juillet 1990. Il garantit donc aux
entreprises françaises qui réalisent des
opérations dans les Etats membres de l'Union
européenne non seulement un règlement rapide
des litiges fiscaux en matière de prix de
transfert entre autorités compétentes, mais
encore la certitude que la double imposition
sera éliminée à l'expiration d'une période
de temps limitée.
La
convention du 23 juillet 1990 est entrée
en vigueur le 1er janvier 1995 et aurait dû
venir à expiration le 31 décembre 1999.
L'article 3 du protocole modifiant la
convention permet à celui-ci de prendre effet
au 1er janvier 2000, c'est-à-dire
rétroactivement par rapport à sa date
d'entrée en vigueur, qui est fixée au
premier jour du troisième mois suivant le
dépôt de l'instrument de ratification,
d'acceptation ou d'approbation de l'Etat
contractant procédant le dernier à cette
formalité. Cette rétroactivité prévient
toute solution de continuité dans
l'application de la convention d'arbitrage.
Enfin, le
paragraphe 3 de l'article 3 du protocole
prévoit expressément qu'il est fait
abstraction de la période comprise entre le
1er janvier 2000 et la date d'entrée en
vigueur du protocole pour apprécier si un
recours a été régulièrement introduit dans
le délai de trois ans suivant la première
notification de la mesure qui entraîne ou est
susceptible d'entraîner une double imposition
prévu au paragraphe 1 de l'article 6 de la
convention d'arbitrage.
Cette
disposition permet notamment d'éviter qu'un
recours puisse être considéré comme
irrecevable du fait d'une entrée en vigueur
tardive du protocole.
Telles sont les
principales observations qu'appelle le
protocole modifiant la convention du 23
juillet 1990 relative à l'élimination des
doubles impositions en cas de correction des
bénéfices d'entreprises associées, qui est
soumis au Parlement en vertu de l'article 53
de la Constitution.
PROJET DE
LOI :
Le présent
projet de loi autorisant l'approbation du
protocole modifiant la convention du 23
juillet 1990 relative à l'élimination des
doubles impositions en cas de correction des
bénéfices d'entreprises associées,
délibéré en Conseil des ministres après
avis du Conseil d'Etat, sera présenté au
Sénat par le ministre des affaires
étrangères, qui sera chargé d'en exposer
les motifs et d'en soutenir la
discussion.
"Article
unique :
Est
autorisée l'approbation du protocole
modifiant la convention du 23 juillet 1990
relative à l'élimination des doubles
impositions en cas de correction des
bénéfices d'entreprises associées, signé
à Bruxelles le 25 mai 1999, et dont le texte
est annexé à la présente loi."
un dossier législatif
peut être consulté sur le sujet sur du
site du Sénat : www.senat.fr
à partir de la rubrique recherche à la page
www.senat.fr/leg/pjl00-313.html
publié
le 21/05/01
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