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Alberto Giacometti - L’artiste de l’année
Article de la rédaction du 4 février 2015
vendredi, 6 février 2015
/ Administrateur

artprice

Alberto Giacometti - L’artiste de l’année

Giacometti a retenu la leçon de Rodin : ses hommes qui marchent dans des directions incertaines expriment une force et une fragilité troublantes. La puissance psychique de son œuvre en fait l’une des plus appréciée au monde. Il tient d’ailleurs la meilleure enchère 2014 a 90 m$.

Alberto GIACOMETTI est âgé d’une petite vingtaine d’années lorsqu’il quitte la Suisse pour Paris. Nous sommes en 1922, période artistiquement agitée où se prépare une révolution surréaliste sous la houlette d’André Breton. Il étudie auprès d’Antoine Bourdelle, découvre les cubistes, expérimente beaucoup. Puis, un premier électrochoc advient avec sa découverte des arts archaïques et traditionnels en 1926, c’est-à-dire la sculpture égyptienne, sumérienne, cycladique, africaine et océanique. L’œuvre la plus emblématique de cette époque est une Femme-cuillère (1926-1927) de 143 cm. Il s’agit d’un objet totémique qui ne manque pas de convoquer l’art africain tant elle évoque la forme à la fois pleine et creuse d’une cuillère anthropomorphe Dan. Une seule version est passée en salles des ventes : elle se vendait l’équivalent de 1,49 m$ en 1990 (Sotheby’s NY). Elle décuplerait amplement ce résultat aujourd’hui. Si les œuvres de cette période sont rarissimes, toute les grandes ventes de prestige occidentales tentent d’offrir ses œuvres plus tardives, notamment ses silhouettes étirées et bosselées célèbres dans le monde entier.

En 2002 déjà, Giacometti comptait parmi les 10 artistes les plus valorisés de la planète (Top10 d’Artprice). Son chiffre d’affaires progressait de près de 350 % par rapport à 2001, grâce à une vente fleuve orchestrée à Paris par Christie’s (35 bronzes offerts lors la dispersion de sa succession le 28 septembre 2002). Le plus beau coup de marteau revenait alors à La cage, première version (édition 3/8) partie au double de son estimation optimiste pour 1,5 m$. Quatre ans plus tard, La Cage se vendait 2,2 m$ chez Sotheby’s (édition 4/8, Londres, le 19 juin 2006). La surenchère est pourtant loin de se calmer. En 2010, Giacometti se met au niveau de Picasso avec la vente historique de L’Homme qui marche I, pour un coup de marteau équivalent à 92,5 m$ (Sotheby’s Londres, le 3 février 2010). Aujourd’hui, rien ne laisse présager le moindre essoufflement de cote pour cet artiste majeur. Le cru 2014 est au contraire excellent, avec pas moins de 18 enchères millionnaires, dont les 90 m$ décrochés par Le Chariot, une oeuvre phare du XXème siècle vendue le 4 novembre 2014 par Sotheby’s à New York.

Ses œuvres minuscules en bronze ont flambé également. Durant les années de guerre, l’artiste réduit considérablement les échelles, à tel point que certaines œuvres tiennent dans une boite d’allumettes. Ses oeuvres de moins de 10 cm, que l’on pouvait acheter pour moins de 5 000 $ dans les années 90, valent aujourd’hui au moins 10 fois plus...

Le marché regorge heureusement d’estampes pour les amateurs moins fortunés. Giacometti a toujours été partisan de la diffusion de son œuvre, d’autant qu’il fut déjà bien coté de son vivant (dans les années 60). Elles représentent plus de la moitié des transactions de l’artiste et certaines lithographies numérotées sont encore accessibles pour moins de 1 000 $ aux enchères.

Source : Artprice





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