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les dix meilleures enchères pour des oeuvres réalisées dans les années 20
Communiqué du 25 avril 2014
samedi, 26 avril 2014
/ Administrateur

artprice



Les dix meilleures enchères pour des oeuvres des années 20

Rang Artiste AdjudicationŒuvre Vente
1 Joan MIRO 32 938 500$ Peinture (Étoile Bleue) (1927) 19/06/2012 (Sotheby’s LONDON)
2 Piet MONDRIAAN 24 627 840$ Composition avec bleu, rouge, jaune et noir (1922) 23/02/2009 (Christie’s Paris & Pierre Bergé PARIS)
3 Constantin BRANCUSI 24 500 000$ Oiseau dans l’espace (1922-1923) 04/05/2005 (Christie’s NEW YORK NY)
4 Joan MIRO 23 683 500$ Painting Poem (Le corps de ma brune puisque je l’aime comme ma chatte habillée en vert salade comme de la grêle c’est pareil) (1925) 07/02/2012 (Christie’s LONDON)
5 Salvador DALI 19 292 400$ Portrait de Paul Eluard (1929) 10/02/2011 (Sotheby’s LONDON)
6 Edward HOPPER 17 000 000$ Blackwell’s Island (1928) 23/05/2013 (Christie’s NEW YORK NY)
7 Henri MATISSE 16 500 000$ « Nu couché dos » (1927) 03/05/2006 (Sotheby’s NEW YORK NY)
8 Pablo PICASSO 16 500 000$ Tête et main de femme (1921) 09/05/2007 (Christie’s NEW YORK NY)
9 Pablo PICASSO 15 633 440$ Mère et enfant (1921) 15/11/1989 (Sotheby’s NEW YORK NY)
10 Henri MATISSE 15 578 850$ Odalisque jouant aux dames (1928) 22/06/2010 (Sotheby’s LONDON)

Après la Guerre, un souffle de liberté envahit Paris et les années folles enflamment la population et les artistes de Montmartre à Montparnasse. Paris s’impose comme la capitale culturelle où triomphe l’art déco et où émerge le surréalisme (fondé en 1924).

C’est au coeur de ce bouillonnement sans précédent que vont être créées la grande majorité des oeuvres les plus appréciées aujourd’hui sur le marché des enchères : Miro, Matisse et Picasso reviennent chacun à deux reprises dans ce Top 10 où sont aussi présents Mondrian, Brancusi, Dali et Edward Hooper, seul artiste déconnecté de l’émulation parisienne de ces années.

Trois oeuvres surréalistes

Séduit par la rupture esthétique et les méthodes surréalistes, Joan MIRO devient l’un des principaux représentants du mouvement dont il signe le manifeste en 1924. En lutte contre le réalisme et les conventions, Miro schématise des formes, travaille aux accents lyriques d’une ligne vivante, puise sa matière dans le rêve et l’inconscient. Deux toiles lui permettent d’entrer dans ce classement. La première est un rarissime tableau-poème au titre surréaliste Painting Poem (Le corps de ma brune puisque je l’aime comme ma chatte habillée en vert salade comme de la grêle c’est pareil). Réalisée en 1925, année de sa première exposition à la galerie Pierre Loeb de Paris, l’oeuvre est gratifiée d’une adjudication à 15 m£, soit 23,68 m$, le 7 février 2012 chez Christie’s, qui lui vaut la 20ème meilleure enchère de l’année 2012 pour une peinture vendue en Occident. Elle est restée l’adjudication record de Miro jusqu’au mois de juin de la même année, où un nouveau sommet est atteint. Sotheby’s vend alors l’Étoile bleue, une oeuvre de 1927 estimée entre 15 m£ et 20 m£ et finalement cédée à 21 m£, soit près de 33 m$. C’est un nouveau record en salles pour une oeuvre surréaliste et la 11ème meilleure vente en Occident pour une peinture en 2012. Le prix de cette Etoile bleue, qui se vendait l’équivalent de 13,4 m$ à Paris en 2007 (Aguttes), a grimpé de +145 % en cinq ans. Considérée comme une œuvre clef du surréalisme, l’Etoile bleue fut décrite par la célèbre critique d’art Rosalind Krauss comme une synthèse absolue de l’oeuvre de Miro car "on y trouve exceptionnellement la représentation de figures humaines et de signes cosmiques réunis en une seule image". Peinture (Étoile bleue) est à Miro ce qu’est Le Cri à Edvard Munch, la substantifique moelle d’une oeuvre pour laquelle les acheteurs les plus fortunés de la planète ne sont pas au million de dollars près.

C’est sur les conseils de Miro que Salvador DALI s’intéresse au surréalisme et qu’il se rend à Paris. Son Portrait de Paul Eluard lui vaut une cinquième place au classement. L’oeuvre fut réalisée en 1929, l’année même où il rejoint le groupe surréaliste et rencontre sa future muse Gala Eluard, l’épouse de son nouvel ami. Dali aurait entrepris ce portrait au moment ou il tombait amoureux de Gala. Le portrait en buste du poète surréalisme flotte au-dessus d’un paysage désertique parasité par de multiples éléments oniriques typiques de sa méthode de travail paranoïaque-critique. Il s’agit d’une petite huile sur carton de 33 x 25 cm adjugée l’équivalent de 19,3 m$ en 2011 (plus de deux fois son estimation haute) quand elle ne coutait que 1,7 m$ en 1989 (vente Christie’s New York du 14 novembre 1989). Dali inspira en retour un poème à Paul Eluard, intitulé "Donner à voir".

Ces meilleures enchères pour Miro et Dali, toutes trois récentes (entre 2011 et 2012) reflètent la compétition effrénée qu’on se livre à coups de millions pour les pièces historiques, les valeurs sûres de l’art moderne. Il en va de même pour Brancusi, Matisse et Picasso.Les odalisques d’Henri MATISSE sont particulièrement recherchées. Il peint une série sur le thème à Nice, d’après modèle, entre 1917 et 1930. Il s’agit de femmes lascives, inspirées de l’Orient où l’artiste séjourna à plusieurs reprises. Les corps féminins et les jeux de motifs sont aussi importants les uns que les autres pour constituer une œuvre en quête de beauté et d’apaisement. Les oeuvres de cette période sont rares en salles, d’où ces deux adjudications supérieures à 15 m$. A la même époque, Pablo PICASSO peint ses femmes de mémoire et non d’après modèle comme son ami Matisse. Les deux Picasso du Top 10 sont des oeuvres intimistes et apaisées reflétant un retour à la figuration et au classicisme de courte durée après sa période cubiste. A partir de 1925, Picasso va en effet explorer le surréalisme dans des visions convulsives ou les corps des femmes se trouvent déformés à l’extrême.

Blackwell’s Island, cédée 17 m$ en mai 2013, s’impose comme la troisième adjudication d’Edward HOPPER, enregistrée quelques mois avant le record de l’artiste à 36 m$ pour une œuvre des années 30’. La cote de l’artiste a passé un nouveau seuil l’année dernière... quant au résultat de Piet MONDRIAAN qui le hisse à la seconde place du classement avec une composition néo-plastique cédée 24,6 m$, il faut remettre cette performance au double de l’estimation haute dans le contexte très particulier de la dispersion Pierre Bergé qui s’est tenue au Grand Palais de Paris en 2009. C’est encore à l’occasion de cette vente historique que Christie’s signait le record de Constantin BRANCUSI à hauteur de 33,35 m$ (Madame L.R.). Brancusi, est l’auteur de l’unique sculpture de ce Top 10 avec l’une de ses plus célèbres créations, si ce n’est la plus emblématique : L’Oiseau dans l’espace vendue au double de son estimation haute en 2005.Il exécute au total 16 exemplaires de cet Oiseau (7 en marbre et 9 en bronze) synthétisé dans un élan ascensionnel qui condense l’esthétique de la vitesse, si chère aux artistes modernes de l’époque.

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