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4 sociétés de capital-investissement sur 10 sont en situation critique
Communiqué de l’AFIC du 4 février 2013
mercredi, 6 février 2013
/ Administrateur

Première étude sur la part de capitaux restant disponibles dans le capital-investissement

4 sociétés de capital-investissement sur 10 sont en situation critique au regard des capitaux disponibles pour réaliser de nouveaux investissements




COTE D’ALERTE SUR LES FONDS DISPONIBLES POUR LE CAPITAL-INVESTISSEMENT

L’Association Française des Investisseurs pour la Croissance (AFIC) a mené, pour la première fois, un état des lieux au 1er janvier 2013 des capitaux disponibles pour être investis dans de nouvelles entreprises (« dry powder »).

Les résultats de cette étude menée auprès de ses membres* révèlent trois informations :

- 40% des sociétés d’investissement françaises disposent désormais de moins de 19% des fonds qu’elles gèrent pour investir dans de nouvelles entreprises. Sur cette population cette réserve disponible n’est en moyenne que de 9% seulement de leurs fonds sous gestion. Très concrètement cet épuisement de leurs réserves disponibles les met en incapacité de poursuivre normalement leur fonction d’alimentation des entreprises en fonds propres.

- L’étude met en évidence une seconde population de 40% des équipes d’investissement françaises qui, sans être dans une situation aussi critique que les précédentes, n’ont plus en moyenne que 30% de leurs fonds disponibles pour investir dans de nouvelles entreprises. Les bornes de cette population vont de 19% à 44% de fonds disponibles. Ces sociétés de capital-investissement sont encore en capacité provisoirement d’investir, mais doivent pour la plupart relever des fonds à brève échéance, dans un environnement incertain qui s’est fortement contracté ces dernières années.

- Enfin, la dernière population de 20% des équipes dispose en moyenne de 58% de fonds disponibles (bornes de l’échantillon : de 45 à 100%). Ces quelques équipes d’investissement ont la visibilité et la capacité financière requises pour alimenter en capital les start-up, PME et ETI.

Cette étude vient confirmer la tendance déjà soulignée par l’AFIC qui met en relief que, depuis le début de la crise financière, les capitaux alloués au capital-investissement à destination des entreprises non cotées ont chuté considérablement (de 10 milliards d’euros avant 2008 à 6,4 milliards en 2011).

Cette chute prolongée provoque, en cette cinquième année de pénurie, un double effet :

- Un écart croissant entre les montants levés et les montants investis ; cet effet de ciseaux, mesuré à la fin du premier semestre 2012, atteignait 5,7 milliards d’euros.

- Plus radical encore est l’effet de péremption des fonds : les fonds qui n’ont pas le statut de société ont typiquement une durée de vie de 10 ans, dans laquelle la période dite « d’investissement » dure 5 ans. Quand cette période expire le fonds ne peut plus investir dans de nouvelles entreprises, et l’équipe qui le gère risque de disparaître, et son savoir-faire avec.

Cette situation est extrêmement préoccupante au vu de l’impact à attendre pour l’économie :

- La pénurie de fonds conduit à une réduction mécanique des investissements vers les entreprises.

- De plus, le risque de perte de diversité des acteurs aura des conséquences considérables :cette diversité répond à la très grande variété des situations des entreprises à accompagner (start-up de diverses filières technologiques, transmissions d’entreprises, accompagnement de PME à l’export, etc...). Les équipes de capital-investissement ne sont pas interchangeables, elles sont de fait très spécialisées.

   

URGENCE D’ORIENTER L’EPARGNE VERS LE SYSTEME PRODUCTIF

Dans ce contexte, l’AFIC souligne à nouveau l’urgence d’orienter l’épargne longue vers le financement des entreprises et d’allouer au capital-investissement une petite fraction de l’épargne financière des Français constituée sous la forme d’assurance vie, des livrets d’épargne et des fonds d’épargne retraite.

CONTRIBUTION DU CAPITAL-INVESTISSEMENT AU DYNAMISME DE L’ECONOMIE FRANÇAISE

Rappelons trois chiffres d’impact mesurés en 2011 pour l’économie française :

- 1 500 entreprises françaises ont été investies par des acteurs français du capital- investissement,
- 76 000 nouveaux emplois ont été créés dans les entreprises des portefeuilles du capital-investissement français et l’accroissement de ces effectifs a dépassé de 4,8 points celui du secteur marchand français,
- la progression du chiffre d’affaires des entreprises accompagnées par le capital- investissement français a surperformé de 6 points le PIB français en valeur.

« A l’heure où les start-up, PME et ETI entreprises ont besoin de fonds propres, où les banques sont contraintes dans leurs capacités d’octroi de crédit, et où la Bourse peine à les accueillir, le capital- investissement a su remplir ses objectifs auprès d’un nombre record d’entreprises en 2011 et puiser dans ses réserves pour répondre à une demande croissante de financements. Il a su aussi contribuer à une création massive d’emplois.

Mais les stocks de capitaux disponibles s’épuisent. Il est maintenant indispensable que, sans plus attendre, une partie de l’épargne disponible en France vienne soutenir des projets entrepreneuriaux, pour lesquels le capital-investissement a fait la preuve, au cours des dernières années, de sa capacité à dynamiser la croissance. »

déclare Louis Godron, Président de l’AFIC.

Cette première étude sur la part des capitaux restant disponibles dans le capital-investissement a été menée entre le 7 et le 30 janvier 2013. Sont inclues dans le champ de l’étude les structures françaises membres de l’AFIC, à l’exception des structures ayant exclusivement une activité de Fonds de Fonds ou d’investissements en infrastructure. Les données exploitables concernent 125 sociétés représentant 60% des actifs sous gestion de l’ensemble de la population concernée.
L’Association Française des Investisseurs pour la Croissance (AFIC) regroupe l’ensemble des structures de Capital Investissement installées en France : Capital Risque, Capital Développement, Capital Transmission et Capital Retournement.

Actionnaires professionnels, les 270 membres actifs de l’association accompagnent et financent la croissance de près de 5.000 entreprises en France en collaboration avec près de 180 membres associés qui représentent les sociétés de conseil et de gestion partenaires des investisseurs et des entrepreneurs.

L’adhésion à l’AFIC constitue pour les sociétés de gestion une des conditions d’agrément requises par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) pour l’exercice de la profession.

Au-delà de sa mission de déontologie, de contrôle et de développement de pratiques de place, l’AFIC fédère, représente et assure la promotion de la profession du Capital Investissement auprès des investisseurs institutionnels, des entrepreneurs, des leaders d’opinion et des pouvoirs publics.

Le Capital Investissement, acteur essentiel de la croissance et de l’emploi, contribue à l’amélioration du financement de l’économie, en particulier à destination des PME-PMI qu’il accompagne et soutient aux différents stades de leur cycle de vie, à la stimulation de la croissance et à la promotion de l’esprit d’entreprise.

Représentant plus de 20 % du marché européen, le Capital Investissement français se classe au 1er rang en Europe Continentale.

www.afic.asso.fr


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