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Régime fiscal des dons effectués au profit d’associations ayant pour objet l’aide aux personnes en difficulté
Réponse ministérielle Robin-Rodrigo du 27 janvier 2004
lundi, 16 février 2004
/ olivier

Question

Une des principales dispositions de la loi sur le mécénat réside dans l’abrogation de l’article 238 bis-4, dit loi Coluche, du CGI.

Cet article précisait que le taux de réduction des dons d’utilité publique était porté de 50 % à 60 % pour ceux versés aux organismes sans but lucratif et qui procédaient à la fourniture gratuite de repas à des personnes en difficulté, contribuaient à favoriser leur logement ou procédaient à la fourniture gratuite de soins. Ces dons étaient limités à 414 euros en 2003. La disparition de cet article marqua la fin de la priorité de l’aide à l’urgence. En revanche, la loi dont un des objectifs est d’accompagner le mécénat, notamment celui des entreprises, va banaliser scandaleusement la notion d’intérêt général en plaçant l’aide aux plus démunis sur le même plan que celle aux clubs sportifs parfois très riches ou aux associations culturelles élitistes, tout en allégeant encore une fois l’impôt des plus riches.

Par ailleurs, ce dispositif fait peser un danger considérable sur les finances, donc sur les moyens d’action des associations caritatives. La plus sage des solutions est donc de rétablir le dispositif institué par la loi Coluche, en réintroduisant une réduction d’impôt supérieure pour les dons versés aux associations intervenant dans le domaine de l’urgence, qui pourrait être de 70 % du versement. Ainsi serait développée la générosité du public, tout en réaffirmant la priorité accordée à l’aide à l’urgence et donner enfin aux associations concernées les moyens de lutter efficacement contre la montée des exclusions.


Réponse du ministre

Le Parlement a adopté, dans le cadre de la loi de finances rectificative pour 2003, un dispositif aux termes duquel les versements effectués au profit d’associations ayant pour objet l’aide aux personnes en difficulté pourront bénéficier, dans la limite d’un plafond spécifique fixé à 414 euros pour 2003, d’une réduction d’impôt calculée au taux de 66 %.

La fraction des dons excédant ce plafond demeure bien sûr éligible aux dispositions de droit commun relatives au mécénat dont le caractère incitatif a été sensiblement renforcé par la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et fondations.

Cette loi porte en effet le plafond général des dons éligibles à l’avantage fiscal de 10 % à 20 % du revenu imposable et élève de 50 % à 60 % le taux de la réduction d’impôt.

Elle institue en outre un mécanisme de report des dons qui, en raison de leur importance, n’auraient pas pu bénéficier de la réduction d’impôt l’année de leur versement, sur les cinq années suivantes.

Question n°31139