M. Jean Besson a
attiré l'attention de M. le ministre de la
culture et de la communication sur la
fiscalité en cours dans le marché de l'art.
Sans remettre en cause le bien fondé de ces
prélèvements, il est à noter qu'en France,
leur niveau est sans commune mesure avec celui
pratiqué dans les pays concurrents. A titre
d'exemple, la TVA française à l'importation
est la plus élevée d'Europe. Elle est, sans
conteste, un facteur de délocalisation des
oeuvres d'art, aussi bien sur le continent
européen qu'en dehors, les Etats-Unis n'y
étant pas assujettis. Ainsi, à compter du
premier semestre 2006, la directive européenne
du 27 septembre 2001 fera l'obligation aux
galeristes et aux antiquaires de s'acquitter
conjointement du droit de suite et de la taxe
à la Maison des Artistes dont le taux est en
France de 4,5 %. Dans le même temps, leurs
confrères allemands seront taxés à hauteur de
1,5 % Quant aux Anglais, ils seront, à titre
dérogatoire, exonérés de cette charge. C'est
pourquoi, au regard de cette disparité des
règles fiscales, il demande quelles mesures le
Gouvernement compte prendre afin de réduire le
différentiel de charges qui existe dans le
domaine de l'art entre la France et ses
voisins européens.
La réponse du
Ministre :
Le ministre de la
culture et de la communication suit avec
attention le niveau de la fiscalité du marché
de l'art en France comparé à celui de nos
concurrents étrangers.
Le Gouvernement
vient d'ailleurs de proposer au Parlement,
dans le projet de loi de finances
rectificative pour 2005, une mesure
d'incitation fiscale puissante en faveur des
jeunes artistes de la création plastique, qui
consiste à créer un abattement de 50 %
(plafonné à 50 000 euros par an) sur le
bénéfice imposable des revenus directement
tirés de ces activités.
L'honorable
parlementaire évoque la TVA à l'importation
des oeuvres d'art. L'article 278 septies du
code général des impôts soumet, en effet, au
taux réduit les importations d'oeuvres d'art,
d'objets de collection ou d'antiquité dont la
liste est fixée par l'article 98 A de l'annexe
III au code déjà cité, ainsi que les
acquisitions intracommunautaires effectuées
par un assujetti ou une personne morale non
assujettie lorsque ces biens ont été importés
sur le territoire d'un autre Etat membre. Même
si la France applique ainsi à ces produits
culturels l'un des taux de TVA les plus
faibles parmi ceux pratiqués dans l'Union
européenne, le ministère de la culture et de
la communication reste vigilant à ce que cette
imposition ne crée pas de distorsion de
concurrence, notamment avec la fiscalité
appliquée dans les pays tiers.
En tout état de
cause, une évolution de la réglementation sur
ce sujet suppose l'accord unanime de nos
partenaires de l'Union européenne. S'agissant
du droit de suite, le Premier ministre, dans
son discours prononcé le 10 octobre 2005 à
l'occasion de l'inauguration de la Foire
internationale d'art contemporain, a indiqué
qu'il souhaitait que la loi française
transpose cette directive en prenant en compte
les demandes légitimes des galeristes comme
des artistes. Il a ajouté que, pour lui, la
France était en droit d'attendre de la
Commission européenne les mêmes conditions de
délais que celles accordées au Royaume-Uni
ainsi qu'aux Etats membres ne connaissant pas
aujourd'hui le droit de suite.
http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ050517685
publié
le 10/04/06