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fiche
technique issue du rapport au Premier ministre sur
l'attractivité du territoire français, Michel
CHARZAT, Parlementaire en mission, Juillet 2001
Description
des neuf régimes en vigueur en 2001
Neuf Etats parmi
les quinze de l'Union européenne appliquent un régime
fiscal spécifique aux cadres expatriés :
I
- Régime en vigueur en Autriche
Depuis le 1 er
janvier 1998, les salariés expatriés en
Autriche pendant cinq ans au maximum sont exonérés
de l'impôt autrichien sur le revenu à raison
des avantages en nature constitués des
remboursements par leur employeur des dépenses
d'expatriation suivantes, dès lors qu'elles n'excèdent
pas 35 % du montant de la rémunération imposable
en Autriche : dépenses de double résidence, dépenses
de déménagement, frais de scolarisation, frais de
voyage dans l'Etat d'origine de l'expatrié (où il
conserve sa résidence).
Le salarié ne doit
pas avoir été résidant d'Autriche au cours des
dix années antérieures à sa mission en Autriche.
Le régime autrichien n'est pas réservé à
certains types d'emplois.
II
- Régime en vigueur en Belgique
Le régime mis en
place à compter du 1 er janvier 1983 permet à
l'employeur de prendre en charge des dépenses de
nature privée supportées par le cadre ou le
chercheur étranger. Ces dépenses sont supportées
par l'employeur sous la forme d'un remboursement réel
ou forfaitaire accordé au cadre ou au chercheur.
Elles sont déductibles des résultats de
l'employeur. Leur remboursement est exonéré d'impôt
entre les mains du salarié détaché.
Le remboursement
des frais liés à l'expatriation est accordé
aux cadres supérieurs et cadres dirigeants étrangers
exerçant dans des filiales belges de sociétés étrangères,
ou dans des bureaux belges de coordination
(quartiers généraux), aux personnels spécialisés
étrangers dont le recrutement en Belgique est très
difficile, voire impossible, enfin aux chercheurs étrangers
exerçant en Belgique dans des centres de recherche
scientifique.
Les dépenses
donnant lieu à remboursement sont :
-
soit des dépenses
répétitives (supplément d'impôt sur le
revenu supporté par le cadre expatrié en
raison de son détachement en Belgique, différence
en matière de frais de logement et de coût de
la vie constatée entre la Belgique et le pays
d'origine de l'expatrié, frais de scolarité,
coût d'un voyage annuel vers le pays
d'origine). Ces dépenses sont limitées
(maximum 195 000 F) et remboursables sur
justification, sauf les frais de scolarité
admis sans limite, sur justification
-
soit des dépenses
non répétitives (dépenses d'emménagement
et de déménagement) ; ces dépenses sont
remboursables sans limitation, sur
justification.
Le salarié
expatrié est considéré comme non-résidant à
condition de ne pas fixer son domicile de manière
permanente en Belgique.
En conséquence,
seul le salaire relatif à l'activité qu'il exerce
en Belgique est soumis à l'impôt sur le revenu
dans les conditions de droit commun.
III
- Régime en vigueur au Danemark
Les cadres et
chercheurs étrangers qui exercent leur activité
salariée au Danemark, en tant que résidants,
pendant une période dont la durée est comprise
entre six mois et trente-six mois peuvent bénéficier
d'une imposition allégée de leurs revenus
salariaux. Ces cadres et chercheurs étrangers
doivent être employés auprès d'une société
danoise ou d'une succursale danoise d'une société
étrangère. Ils ne doivent pas participer à la
direction de la société durant leur activité ni y
avoir participé durant les cinq ans précédents. Le
taux spécial d'imposition est fixé à 25 %
alors que le taux marginal d'IR applicable aux
salaires est de 60%. Il s'applique par voie de
retenue à la source et est libératoire de l'impôt
sur le revenu.
S'agissant des
cadres autres que les chercheurs, une
condition supplémentaire est posée : il faut que
leur rémunération mensuelle brute soit au moins de
43 300 F. Le contrat de travail peut être
prolongé de quatre ans. Durant ce séjour supplémentaire,
l'impôt est calculé selon le barème de droit
commun. Si le cadre ne quitte pas le Danemark après
cette période, l'impôt sur le revenu est recalculé
selon le barème de droit commun de l'impôt, depuis
le début du séjour. Les chercheurs étrangers échappent
à cette règle.
IV
- Régime en vigueur en Finlande
Les salariés
expatriés qui exercent en Finlande une activité
d'expert, de professeur d'université ou de
chercheur bénéficient d'une imposition de leur
salaire au taux spécial de 35 % pendant une
période de deux ans. Ce taux s'applique uniquement
aux salaires perçus et avantages en nature liés à
l'emploi. Le salarié expatrié doit percevoir une rémunération
dont le montant mensuel s'élève au moins à 38
605 F, ne pas posséder la nationalité
finlandaise et ne pas avoir été résident
finlandais au cours des cinq années pendant la
mission en Finlande.
V
- Régime en vigueur en Irlande
Les salariés étrangers
qui exercent une activité professionnelle en
Irlande pour le compte d'un employeur résidant sont
imposables en Irlande dans les conditions de droit
commun. Toutefois, en application des règles générales,
les salariés étrangers échappent à l'impôt
irlandais sur le revenu à raison des rémunérations
versées par un employeur non-résidant d'Irlande
tant que ces revenus ne sont pas transférés en
Irlande.
VI
- Régime en vigueur au Luxembourg
Le Luxembourg a
institué un régime de déductions forfaitaires spécifiques
aux cadres ou dirigeants expatriés au
Luxembourg exerçant leur activité dans des
entreprises industrielles.
Ce régime est accordé
pendant 36 mois si l'intéressé demeure
non-résidant du Luxembourg et pendant 60 mois dans
le cas inverse. L'abattement mensuel ne dépasse pas
4 050 F pour un célibataire et 6 890 F, s'il s'agit
d'une personne mariée, pour les personnes
conservant leur statut de non-résident. Un
abattement de 5 670 FF est accordé à l'impatrié
pour compenser le coût d'une résidence
professionnelle au Luxembourg, lorsque sa famille
demeure dans son pays d'origine.
VII
- Régime en vigueur aux Pays-Bas
Les salariés étrangers
expatriés aux Pays-Bas qui exercent leur activité
dans ce pays peuvent bénéficier de la qualité de
non-résidents.
L'attribution du
statut de non-résidant permet à un salarié étranger
expatrié aux Pays-Bas de n'être imposé dans cet
Etat qu'à raison de ses revenus de source néerlandaise.
A l'issue d'une période de soixante mois,
l'administration fiscale peut prolonger ce régime
de faveur pour la même durée, soit dix ans au
maximum. L'employeur peut accorder en plus à ces
salariés expatriés une indemnité pour frais, exonérée
d'impôt, égale au maximum à 35 % du montant de la
rémunération globale, indemnité comprise. Ce taux
est ramené à 30 % à compter du 1 er janvier 2001,
dans le contexte de la réforme du barème de l'IR
à compter des revenus perçus en 2001. Le taux
marginal passe ainsi de 60 % à 52 %. En tenant
compte de la part exonérée, le taux effectif
marginal est ainsi légèrement abaissé de 39 % (60
% x 65 %) à 36,4 % (52 % x 70 %). Le remboursement
effectué par l'employeur au titre des dépenses de
scolarisation est exclu du revenu imposable. Le
salarié expatrié doit résider aux Pays-Bas, avoir
été recruté par un employeur résidant ou avoir
été détaché auprès d'un tel employeur pour
exercer une activité aux Pays-Bas, détenir une
qualification professionnelle hautement qualifiée
ou rare aux Pays-Bas (obligation laissée à l'appréciation
de l'administration néerlandaise).
VIII
- Le nouveau régime suédois
Le dispositif suédois
répond au souci de pouvoir recruter des salariés
à profil que le marché suédois de l'emploi ne
permet pas ou permet très difficilement de fournir.
En premier lieu,
est accordé un abattement de 25 % pendant
trois ans sur le montant imposable des rémunérations
salariales attribuées par les entreprises suédoises
(ou les établissements stables en Suède
d'entreprises étrangères) aux personnes de
nationalité autre que suédoise non-résidentes de
Suède depuis au moins cinq ans avant l'année du
recrutement en Suède, et qui déclarent ne pas
avoir l'intention de résider en Suède plus de cinq
ans. Les personnes pouvant être recrutées doivent
exercer les fonctions "d'expert", de
scientifique, ainsi que les emplois-clé comprenant
les fonctions de cadre-dirigeant.
En second lieu,
le remboursement par l'employeur pendant la même
durée de trois ans de certaines dépenses liées à
l'expatriation en Suède ne constitue pas un
avantage en nature imposable au nom du salarié. Les
dépenses visées incluent les frais de scolarité
(pré-universitaires) des enfants, les dépenses de
déménagement et d'installation en Suède ainsi que
le coût de deux voyages familiaux annuels de Suède
vers le pays d'origine et vice-versa.
IX
- Régime en vigueur au Royaume-Uni
Les salariés étrangers
qui exercent une activité au Royaume-Uni pour le
compte d'un employeur résident sont imposables au
Royaume-Uni dans les conditions de droit commun.
Mais, les salariés
étrangers qui exercent des activités
professionnelles à la fois au Royaume-Uni et à
l'extérieur du Royaume-Uni bénéficient d'un régime
fiscal favorable. En effet, un salarié qui est résident
et/ou résident ordinaire du Royaume-Uni sans y être
domicilié échappe à l'impôt britannique sur le
revenu à raison des rémunérations versées par un
employeur non-résident du Royaume-Uni pour des
fonctions exercées hors du Royaume-Uni, tant que
ces revenus ne sont pas transférés au Royaume-Uni.
La domiciliation dépend
quant à elle de trois facteurs : la résidence, la
résidence ordinaire et le domicile.
Résidence :
très schématiquement, une personne physique est résidente
du Royaume-Uni lorsqu'elle y séjourne pendant au
moins 6 mois, au total, au cours d'une année
d'imposition ou pendant 3 mois en moyenne ou si elle
y dispose d'un lieu de résidence et qu'elle y séjourne
pendant une période quelconque au cours de l'année
d'imposition ;
Résidence
ordinaire : la résidence ordinaire correspond
à l'intention manifeste de s'installer au
Royaume-Uni soit dès l'arrivée au Royaume-Uni soit
dès que cette intention devient évidente, ou à
partir de la 3ème année d'imposition après
l'arrivée au Royaume-Uni ;
Domicile : le
domicile correspond au lieu dont une personne est
originaire, c'est-à-dire le lieu de séjour
permanent de son père, ou le lieu de son propre séjour
permanent si ce séjour a une durée au moins égale
à quinze ans et si les liens avec le domicile
d'origine ont été rompus.
O.de.M
publié
le 27/08/01
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