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NOTE
DE SYNTHÈSE
En France,
les handicapés âgés de moins de soixante
ans peuvent bénéficier de l'allocation aux
adultes handicapés et de plusieurs
allocations compensatrices. Ces prestations
ne sont pas imposables et sont attribuées
sous conditions de ressources.
L'allocation
aux adultes handicapés (AAH) est versée
aux personnes ayant un taux d'incapacité au
moins égal à 80 %. Elle est également
versée aux personnes ayant un taux
d'incapacité compris entre 50 et 80 %
lorsque la COTOREP (Commission technique
d'orientation et de reclassement
professionnel) reconnaît que le handicap
empêche l'intéressé de travailler. L'AAH
est une allocation différentielle destinée
à compléter d'autres revenus et à
garantir un revenu minimal actuellement
fixé à 569,38 €.
Les
allocations compensatrices sont au nombre de
quatre :
- le
complément d'allocation autonomie est
réservé aux personnes qui perçoivent l'AAH
à taux plein et qui vivent dans un logement
indépendant ;
-
l'allocation compensatrice pour tierce
personne (ACTP) est destinée aux
handicapés dont le taux d'incapacité est
d'au moins 80 % et qui ont besoin de l'aide
d'un tiers pour les actes essentiels de la
vie courante ;
-
l'allocation compensatrice pour frais
professionnels (ACFP) couvre les frais
supplémentaires (transports, aménagement
de locaux...) entraînés par l'activité
professionnelle ;
- la garantie
de ressources des travailleurs handicapés
(GRTH) assure une rémunération minimale
aux handicapés qui travaillent, qu'ils
soient employés ou non en milieu protégé.
Par ailleurs,
les personnes handicapées ayant un taux
d'incapacité d'au moins 80 % bénéficient
d'une demi-part supplémentaire pour le
calcul de l'impôt sur le revenu, sans que
cet avantage fiscal puisse être cumulé
avec la demi-part accordée aux personnes
veuves, divorcées ou séparées. Lorsque
les deux conjoints sont handicapés, ils
peuvent cumuler les deux demi-parts
attribuées à chacun au titre du handicap.
Les
propositions de réévaluation de l'AAH et
de refonte des allocations compensatrices,
évoquées dans le cadre d'une réforme de
la loi d'orientation du 30 juin 1975 en
faveur des personnes handicapées,
fournissent l'occasion d'examiner les
principales prestations en espèces versées
aux adultes handicapés dans plusieurs pays
européens, l'Allemagne, le Danemark,
l'Espagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni,
ainsi que dans la province canadienne du
Québec.
Outre les
prestations en espèces stricto sensu, la
présente étude analyse également les
aides accordées aux handicapés au titre de
l'impôt sur le revenu. En effet,
lorsqu'elles prennent la forme d'un crédit
d'impôt remboursable, comme au Royaume-Uni
et au Québec, ces aides peuvent être
assimilées à une prestation en espèces.
En revanche, le régime particulier du
handicap consécutif à un accident du
travail n'a pas été examiné.
L'examen
des dispositions étrangères fait
apparaître que :
- tous les
pays étudiés attribuent des prestations en
espèces spécifiques aux personnes
handicapées qui ne travaillent pas, mais
l'Allemagne leur assure la même garantie de
revenu minimal qu'aux autres résidents ;
- les
handicapés qui travaillent et qui
perçoivent à ce titre des revenus peu
importants bénéficient d'un complément de
ressources dans tous les pays étudiés,
sauf au Québec.
1) Tous les
pays étudiés attribuent des prestations en
espèces spécifiques aux personnes
handicapées qui ne travaillent pas, tandis
que l'Allemagne leur assure la même
garantie de revenu minimal qu'aux autres
résidents
a) Au
Danemark, en Espagne, aux Pays-Bas, au
Royaume-Uni et au Québec, les personnes
handicapées qui ne travaillent pas
reçoivent une aide financière spécifique
Au Danemark,
en Espagne, aux Pays-Bas et, au Royaume-Uni,
le fait d'être handicapé justifie
l'attribution d'une aide financière
spécifique. Cette aide est accordée à
partir d'un certain niveau de handicap, en
général mesuré par le taux d'incapacité.
Elle se compose d'une allocation principale,
destinée à assurer un revenu minimal et,
le cas échéant, d'allocations
compensatrices (pour tierce personne, pour
frais de transport...).
De même, si
la loi québécoise sur le soutien du revenu
accorde peu ou prou la même prestation en
espèces à toutes les personnes privées de
ressources, qu'elles soient ou non
handicapées, le supplément pour «
contrainte sévère à l'emploi » est
réservé aux handicapés que leur état
empêche de travailler.
b)
L'Allemagne assure aux personnes
handicapées qui ne travaillent pas la même
garantie de revenu minimal qu'aux autres
résidents
En Allemagne,
la politique sociale privilégie l'insertion
et la reconversion professionnelles des
handicapés. Les prestations en espèces ne
leur sont en principe versées que pendant
les phases de transition, c'est-à-dire
pendant les périodes de soins ou de
formation, ou pour compléter les revenus du
travail. En cas de nécessité, les
personnes handicapées peuvent bénéficier
de l'aide sociale.
2) Les
handicapés qui travaillent et qui
perçoivent des revenus peu importants
bénéficient d'un complément de ressources
dans tous les pays étudiés, sauf au
Québec
a)
L'Allemagne, le Danemark, l'Espagne, les
Pays-Bas et le Royaume-Uni accordent aux
handicapés qui travaillent un complément
de ressources qui prend des formes très
diverses
Cette aide
est constituée par une prestation directe
en Allemagne, au Danemark et aux Pays-Bas.
En Allemagne et aux Pays-Bas, il s'agit
d'une allocation différentielle, tandis
qu'au Danemark, le montant de la prestation
est fixe.
En Espagne et
au Royaume-Uni, c'est par la voie fiscale
que les revenus des handicapés qui
travaillent sont majorés. Au Royaume-Uni,
cette aide prend la forme d'un crédit
d'impôt dégressif. Comme l'impôt sur le
revenu est prélevé à la source, ce
crédit d'impôt, versé par l'employeur ou
par l'administration fiscale selon que le
bénéficiaire est salarié ou non,
équivaut à une prestation directe. En
Espagne les handicapés qui travaillent ont
droit à la même déduction fiscale que les
autres salariés, mais cette déduction est
majorée, le taux de majoration variant en
fonction de la gravité du handicap.
b) Au
Québec, l'aide spécifique accordée aux
handicapés qui travaillent est réservée
à ceux qui emploient une personne leur
permettant d'avoir une activité
professionnelle
Les
handicapés les plus gravement atteints
peuvent déduire de leurs revenus les frais
engagés pour rémunérer les services d'une
personne qui leur permet d'occuper un emploi
ou d'exploiter une entreprise
LES
DÉDUCTIONS FISCALES EN ALLEMAGNE
Tout
contribuable qui supporte des frais
exceptionnels et qui ne bénéficie pas
d'une déduction fiscale au titre des
dépenses spéciales (Énumérées
par la loi, elles comprennent notamment les
cotisations sociales, les versements aux
organismes caritatifs, l'impôt
ecclésiastique, les pensions alimentaires
et les dépenses pour l'embauche de
personnel domestique.)
peut déduire comme « charges
extraordinaires » les dépenses qui
excèdent les charges habituelles
supportées par les contribuables qui se
trouvent dans une situation identique, dans
la mesure où elles présentent un
caractère obligatoire et où elles ne
dépassent pas un montant raisonnable.
Les
handicapés peuvent bénéficier de cette
disposition. Ils peuvent déduire les frais
réels ou opter pour la déduction
forfaitaire qui leur est spécifique.
LES
CONDITIONS Taux minimal d'incapacité :
25 %.
LA
PRESTATION La déduction fiscale
forfaitaire dépend du taux d'incapacité.
|
Taux
d'incapacité
|
Déduction
fiscale forfaitaire
|
|
25 %
ou 30 %
|
310 €
|
|
35 %
ou 40 %
|
430 €
|
|
45 %
ou 50 %
|
570 €
|
|
55 %
ou 60 %
|
720 €
|
|
65 %
ou 70 %
|
890 €
|
|
75 %
ou 80 %
|
1 060 €
|
|
85 %
ou 90 %
|
1 230 €
|
|
95 %
ou 100 %
|
1 420 €
|
Cependant, la
déduction peut atteindre 3 700 € pour les
handicapés les plus gravement atteints, qui
ont besoin d'une aide pour accomplir
certains actes habituels et répétitifs de
la vie quotidienne.
LES
DÉDUCTIONS FISCALES EN ESPAGNE
Pour le
calcul de l'impôt sur le revenu, les
handicapés ont droit aux mêmes déductions
fiscales que les autres contribuables, mais
ces déductions sont majorées lorsque le
contribuable a un taux d'incapacité d'au
moins 33 %.
· Les
contribuables qui ont une activité
rémunérée peuvent déduire de leurs
revenus nets une somme calculée en fonction
de ces revenus. Le montant de la déduction
s'établit comme suit :
|
Revenus
nets annuels
|
Déduction
fiscale
|
|
Jusqu'à
8 113,66 €
|
3 005,6 €
|
|
Entre
8 113,67 et 12 020,24 €
|
3 005,06 €
- (revenu net - 8 113,67 €) X
0,1923
|
|
Au-dessus
de 12 020,24 €
|
2 253,80 €
|
Pour les
handicapés, la majoration de la déduction
est de :
- 75 %
lorsque le taux d'incapacité est compris
entre 33 et 65 % ;
- 125 %
lorsque le taux d'incapacité compris entre
33 et 65 % et que les intéressés peuvent
justifier d'une mobilité réduite ;
- 175 %
lorsque le taux d'incapacité est supérieur
ou égal à 65 %.
· Après
application de cette déduction, les
contribuables peuvent réduire leur revenu
imposable en procédant à une seconde
déduction. Celle-ci tient compte de la
situation personnelle et familiale et vise
à garantir au foyer un revenu minimal.
L'application de la seconde déduction ne
peut pas faire apparaître un revenu
imposable négatif.
Pour une
personne seule, cette seconde déduction,
qui constitue le minimum vital, est de 3
305,57 €. Elle est majorée pour les
handicapés, puisqu'elle s'élève à :
- 5 108,60
€ pour les personnes seules dont le taux
d'incapacité est compris entre 33 et 65 % ;
- 6 911,64
€ pour les personnes seules dont le taux
d'incapacité est supérieur ou égal à 65
%.
LES
DÉDUCTIONS FISCALES AU ROYAUME-UNI
Tout
contribuable bénéficie de déductions
personnelles, qui permettent de réduire le
revenu imposable. Des majorations de
déductions sont accordées pour tenir
compte de l'âge ou de la situation
familiale. Le seul handicap pour lequel une
majoration est accordée est la cécité.
Pour les
revenus 2002-2003, la majoration s'élève
à 1 450 £.
LES
DÉDUCTIONS FISCALES AU QUÉBEC
Les
handicapés atteints d'une « déficience
mentale ou physique grave et prolongée »
(notion définie à la page précédente)
peuvent déduire de leurs revenus ou de ceux
de leur conjoint les frais engagés pour
rémunérer les services d'une personne qui
leur permet d'occuper un emploi, d'exploiter
une entreprise ou de fréquenter un
établissement d'enseignement.
L'étude
complète constitue un document de travail du Sénat
disponible dans son intégralité sur le
site www.senat.fr
à l'adresse :
http://www.senat.fr/lc/lc106/lc106.pdf
O.de.M
publié
le 25/08/02
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