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Rapport
d'information publié par le Sénat sur la
fiscalité des mutations à titre gratuit
S'agissant
d'une matière dans laquelle la pratique est
essentielle, il avait paru utile de
s'appuyer sur un cabinet d'avocats
fiscalistes qui, seul, pouvait apporter de
façon très concrète, les éléments de
comparaison internationale, indispensables
dans une perspective européenne.
Le sujet se
pose désormais dans un contexte européen
voire mondial. Avec l'avènement de l'euro
et l'unification croissante de l'espace
économique européen, avec la
mondialisation également, qui amène de
plus en plus d'agents économiques à
effectuer une partie de leur carrière à
l'étranger, l'appréciation technique et
politique que l'on peut porter sur notre
système d'imposition des transmissions de
patrimoine doit se faire de façon
comparative.
Le cabinet
Archibald International (réseau Ernst &
Young) qui avait été sélectionné en
janvier 2002, a remis son étude au mois de
juin suivant. Il a pu bénéficier des
éléments d'informations fournis, notamment
en matière de chiffrage, par
l'administration des finances, ainsi que par
les postes d'expansion économique à
l'étranger.
Cette étude
dresse un constat et débouche sur un
ensemble de propositions. le rapport en
reprend une partie dans une optique moins
directement opérationnelle et plus axée
autour d'une réflexion à moyen terme sur
la façon dont il faudrait faire évoluer
notre régime fiscal pour le mettre au
niveau de celui de nos principaux
partenaires européens.
Au vu de
l'état de nos finances publiques, il ne
saurait être question d'aligner la France
sur l'Allemagne ou sur la Grande-Bretagne,
pour ne rien dire de l'Italie, qui vient
purement et simplement de supprimer les
droits de succession et de donation. En
revanche, il paraît possible de s'inspirer
des mécanismes en vigueur dans certains
pays européens et, en tout premier lieu,
d'éliminer certaines incohérences
héritées de l'histoire avec le souci de
rendre le prélèvement plus compréhensible
et donc plus facile à accepter par nos
concitoyens.
Au cours du
débat qui a suivi la présentation en
commission du présent rapport, un certain
nombre de sénateurs ont insisté sur
l'importance du facteur démographique.
Avec
l'allongement de l'espérance de vie, la
France vieillit à un rythme accéléré :
l'effectif des plus de 75 ans va passer de
4,2 millions à 8,3 millions entre 2000 et
2035 et celui des plus de 85 ans de 1,2 à
2,4 millions. Ce quasi-doublement d'une
population qu'il bien faut qualifier
d'âgée voire de très âgée, n'est pas
sans poser de vrais problèmes économiques.
Si le
phénomène du vieillissement de la
population a été jusqu'à présent surtout
envisagé du point de vue des charges qu'il
crée pour la société à travers les
questions du financement des retraites ou de
la dépendance, il convient également de
l'envisager de celui de la répartition des
richesses.
Le présent
rapport s'inscrit dans la perspective d'un
phénomène nouveau et à certains égards
inquiétant, la concentration des richesses
entre les mains d'une population vieillie.
Il y a bel et
bien le risque de la stérilisation d'une
partie du patrimoine notamment immobilier,
sous-utilisé, mal entretenu, voire laissé
à l'abandon.
D'où
l'urgence de mettre en place une fiscalité
assurant cette fluidité des patrimoines des
anciennes vers les nouvelles générations,
qui ont à la fois des besoins immédiats et
l'envie d'entreprendre. De ce point de vue,
s'il est nécessaire de rétablir une
certaine neutralité de la fiscalité
vis-à-vis des démembrements de
propriété, des précautions doivent être
prises pour ne pas décourager des réserves
d'usufruit, qui restent souvent la seule
protection de personnes éminemment
vulnérables. Le débat, qui dépasse le
cadre du présent rapport, doit être ouvert
en liaison avec toutes les parties prenantes
et, notamment, les professionnels
concernés, au premier rang desquels,
figurent les notaires.
Telle est
l'ambition des propositions contenues dans
ce rapport, qui tendent, au moment où ceux
qui héritent, seront le plus souvent déjà
grands-parents et retraités, à préserver
à moyen terme la vitalité de l'économie
et de la société françaises.
Le
document intégral est disponible sur le
site du sénat à l'adresse :
http://www.senat.fr/rap/r02-065/r02-0651.pdf
O.de.M
publié
le 11/11/02
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