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Le
gouvernement canadien a pris une série de décisions
financières et stratégiques majeures qui
renforcent considérablement son engagement
à l'égard de la promotion d'un développement
durable dans les pays en développement. Ces
décisions interviennent après une décennie
durant laquelle la nécessité pour le
Canada d'équilibrer son budget a entraîné
des réductions draconiennes du montant de
son aide. Le rapport de son aide publique au
développement (APD) au revenu national brut
(RNB) a été réduit de moitié entre le début
des années 1990 et 2001, passant de 0.45 %
à 0.22 %.
Le Canada se
classe au 19ème rang des 22 Membres du
Comité d'aide au développement (CAD) pour
ce qui est du rapport APD/RNB et au 11ème
rang en termes de volume, son APD s'étant
établie à 1.5 milliard USD en 2001.
Durant
l'examen des politiques et programmes du
Canada en matière de coopération pour le développement,
réalisé le 15 novembre 2002, le CAD a
reconnu la capacité particulière qu'a ce
pays de donner à l'action de la communauté
internationale une impulsion propre à
repousser les frontières de la coopération
internationale dans des domaines comme l'égalité
homme-femme et le renforcement des capacités.
Dans ce
contexte, le Comité s'est félicité de
l'engagement pris par le Canada d'accroître
ses crédits d'aide internationale de 8 %
par an en vue de doubler le volume de l'APD
d'ici la fin de la décennie et de porter le
rapport APD/RNB aux alentours de 0.35 %,
l'objectif final étant d'atteindre le
pourcentage de 0.7 % fixé par les Nations
unies.
Le CAD a noté
le rôle joué par le Canada dans le Plan
d'action du G8 pour l'Afrique et la
participation au Sommet du G8, à Kananaskis,
des Chefs d'Etat africains représentant le
Nouveau partenariat pour le développement
de l'Afrique (NEPAD). L'augmentation de l'APD
permettra au Canada de soutenir le développement
de l'Afrique, et notamment le secteur privé.
La moitié des nouveaux apports d'aide iront
à l'Afrique et selon les estimations du
Canada, 6 milliards CAD seront versés à la
région au cours des cinq prochaines années
dans le cadre des programmes d'aide
existants et nouveaux. Le CAD s'est également
félicité de la décision du Canada de libéraliser
les échanges avec les pays les moins avancés
(PMA).
Le CAD a noté
que la nouvelle impulsion politique imprimée
aux efforts de développement du Canada
s'accompagnait de défis majeurs. Le Président
du CAD, M. Jean-Claude Faure, a résumé
comme suit les principales conclusions et
recommandations du Comité :
-
Mettre
en oeuvre l'augmentation annoncée de l'APD.
Durant la décennie écoulée, les
annonces concernant les accroissements
de l'aide n'ont pas nécessairement débouché
sur une augmentation de l'APD,
principalement pour des raisons budgétaires.
Une situation budgétaire saine ayant
maintenant été rétablie, il importera
de maintenir l'engagement politique et
de s'assurer le soutien du grand public
pour accroître sensiblement l'APD
durant le reste de cette décennie.
-
Mobiliser
et préserver le soutien du public.
Le public attend d'avoir davantage de
preuves de l'améliorationdubien-êtredes
populations pauvres. L'Agence canadienne
de développement international (ACDI)
ayant entrepris d'élaborer une stratégie
de mobilisation du public, le CAD a
examiné la nécessité pour le Canada
d'informer les citoyens des défis lancés
par la coopération pour le développement
tout en mettant en évidence les résultats
positifs obtenus. Pour ce faire, on
pourrait envisager de publier à nouveau
un rapport annuel de l'ACDI à
l'intention du public et de lancer un
rapport sur l'effort d'APD global du
Canada.
-
Concentrer
l'aide sur un nombre limité de pays.
Le Canada est un des membres du CAD dont
l'aide est la plus dispersée eu égard
au nombre de pays bénéficiaires. Cette
dispersion pourrait empêcher le Canada
d'avoir un véritable impact et réduire
sa capacité d'influencer d'autres
donneurs. Elle pourrait aussi expliquer
en partie les coûts administratifs élevés
de l'aide canadienne. Dans le cadre de
l'augmentation de l'APD, l'ACDI a
l'intention de concentrer son aide sur
un nombre restreint de secteurs et de
pays, dont une majorité de pays
africains. Toutefois, la mise en oeuvre
de ce projet nécessitera une volonté
politique résolue de la part du Canada.
-
Mieux
intégrer la lutte contre la pauvreté.
La réduction de la pauvreté à l'appui
de la réalisation des Objectifs du millénaire
pour le développement (OMD) est
l'objectif prioritaire de l'aide
canadienne. Le CAD encourage une
meilleure prise en compte du rôle
central de la réduction de la pauvreté
dans la politique étrangère
canadienne.
-
Continuer
d'oeuvrer à la cohérence des
politiques au service du développement.
Cela suppose un renforcement de la
coordination entre les services
gouvernementaux canadiens dans des
domaines d'action pertinents comme
l'immigration, la résolution des
conflits et le renforcement de la paix,
l'agriculture et la sécurité
alimentaire.
-
Poursuivre
l'effort de libéralisation des échanges.
Le Canada a entrepris de libéraliser
dans une large mesure ses échanges avec
les PMA en leur accordant l'accès en
franchise et sans contingent au marché
canadien, sauf pour quelques produits
agricoles, comme les produits laitiers,
les volailles et les oeufs. Il importe
que le Canada mette en oeuvre cette décision
d'une manière aussi efficace que
possible et étudie d'autres mesures
susceptibles d'aider les pays en développement
à tirer avantage de l'économie
mondiale.
-
Poursuivre
le déliement de l'aide. Comme
suite à la Recommandation du CAD sur le
déliement de l'aide aux PMA, le Cabinet
a approuvé, en juin 2002, une nouvelle
politique en matière de déliement de
l'aide. Conformément aux dispositions
de cette Recommandation concernant le
partage de l'effort, le Canada devrait
faire tout son possible pour définir et
mettre en oeuvre des mesures complémentaires
de déliement de son aide bilatérale.
-
Réexaminer
le rôle de la société civile
canadienne eu égard aux cadres d'action
initiés par les pays en développement.
Les organisations de la société civile
jouent un rôle majeur dans la
programmation de l'ACDI et constituent
l'un des atouts particuliers du Canada
puisqu'elles oeuvrent au renforcement
des capacités de leurs partenaires des
pays en développement. Dans le même
temps, le rôle de la
"programmation réactive" résultant
des initiatives des partenaires
canadiens pose un problème dans la
mesure où l'Agence entreprend de dûment
reconnaître la prise en main et
l'appropriation par les pays
partenaires. Les organisations de la
société civile canadienne devront
adapter leur mission en conséquence.
-
Renforcer
l'efficacité de l'aide. L'ACDI
s'est engagée dans un vaste processus
de transformation de ses modes opératoires
afin de substituer à de multiples
actions orientées vers des projets des
interventions reposant de plus en plus
sur des programmes. Une plus grande
importance devrait ainsi être accordée
aux initiatives centrées sur les pays,
notamment dans le cadre d'activités menées
en collaboration avec d'autres donneurs,
conformément aux stratégies établies
par les pays partenaires eux-mêmes.
La délégation
canadienne était conduite par Mme Susan
Whelan, ministre de la Coopération
internationale. Les pays examinateurs étaient
l'Italie et les Pays-Bas. Le Canada a invité
en qualité d'observateurs des représentants
de la Commission économique des Nations
Unies pour l'Afrique qui soutient le
processus d'examen par les pairs en Afrique
dans le contexte du NEPAD et du Plan
d'action du G8 pour l'Afrique.
Les
principales Conclusions et Recommandations
du CAD concernant cet examen sont
disponibles sur le site Internet de l'OCDE
à l'adresse www.oecd.org/dac/peerreviews.
Voir
tableau et graphique
communiqué
de l'OCDE (©
OCDE).
source
: L'OCDE
publie un communiqué relatif à
l'engagement de Guernesey et Jersey à
coopérer avec l'OCDE pour combattre les
pratiques fiscales dommageables sur le site
Internet de l'OCDE: www.oecd.org
O.de.M
publié
le 16/12/02
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