|
Réponse ministérielle
Hamel en date
du 18 avril 2002 et relative à la création d'un statut de
"jeune entreprise innovante de moins de dix-huit ans"
(Question n° 33627)
Rappel de la question posée par
Mr Hamel
M. Emmanuel Hamel avait, par une
question en date du 7 juin 2001, attiré l'attention de M. le ministre
de l'économie, des finances et de l'industrie sur l'article paru à
la page IV du Figaro Economie du 19 mai 2001 dans lequel il était
indiqué qu'une association représentant les entreprises innovantes
préconise de " créer un statut de " jeune entreprise
innovante de moins de dix-huit ans " (JEM 18). "
Il le remerciait de bien vouloir lui
indiquer si le Gouvernement était favorable à la création d'un tel
statut.
Réponse du Ministre
La création d'un statut de "
jeune entreprise innovante de moins de dix-huit ans " figure
parmi les nombreuses mesures proposées par des associations
d'entreprises innovantes, dans le cadre des réflexions menées au
printemps 2001 en vue de renforcer le dynamisme de l'économie française
en la matière. Elle aurait
conduit à offrir à cette catégorie d'entreprises des réductions
temporaires de charges sociales et d'impôt sur les sociétés, ainsi
qu'à faire bénéficier de réductions fiscales les personnes
acceptant d'y investir.
Cette mesure soulève des questions
juridiques et fiscales.
En ce qui concerne la réduction d'impôt
sur les sociétés, il s'agit d'abord d'une question de définition.
En effet, la définition des sociétés
innovantes coïncide pour une large part avec celle des sociétés éligibles
à l'actif des fonds communs de placement dans l'innovation prévus
à l'article 22-1 de la loi n° 88-1201 du 23 décembre 1988, à la
différence près que ces dernières sociétés doivent être contrôlées
par des personnes physiques et compter moins de 500 salariés. Si ces
conditions ne sont pas reprises, le statut de société innovante
pourrait s'appliquer aux filiales ad hoc de grands groupes, pour
lesquels aucune contrainte d'accès aux financements ne justifie un
avantage fiscal aussi important que celui proposé.
Quand bien même la définition de la
société innovante serait resserrée, il n'est pas assuré que la
mesure proposée répondrait à l'objectif recherché qui est de
favoriser le financement et le développement des sociétés
innovantes par la réduction temporaire de la charge d'impôt sur les
sociétés.
En effet, l'exonération partielle
d'impôt sur les sociétés ne devrait pas apporter d'avantage fiscal
à la plupart des sociétés innovantes, dès lors que l'année de réduction
de leur charge d'impôt est, en raison de la définition même de leur
statut, un exercice au cours duquel le montant des dépenses de
recherche est nécessairement très élevé.
Or ces dépenses sont, en principe, déductibles
au titre de l'exercice de leur engagement, et l'exercice au titre
duquel les sociétés pourraient être considérées comme innovantes
sera très probablement un exercice déficitaire.
En outre, les sociétés pour
l'innovation visées par la mesure bénéficient d'ores et déjà d'un
dispositif mieux ciblé, et donc plus efficace, qui est le crédit
d'impôt recherche. Cette mesure soulèverait par ailleurs des
difficultés au plan communautaire. Analysée comme une aide au
fonctionnement, elle ne pourrait pas être considérée comme
compatible avec la réglementation des aides d'Etat. En tant qu'aide
à l'investissement, elle devrait respecter les règles de
l'encadrement des aides à la recherche et au développement,
notamment du cumul avec d'autres aides à la recherche. Par ailleurs,
le plan pluriannuel de baisse des impôts a déjà prévu un taux réduit
d'impôt sur les sociétés (25 % en 2001 et 15 % en 2002) pour les
premiers 38 112,25 euros (250 000 F) de bénéfice des petites
entreprises, ce qui représente un effort de 350 632 739,65 euros (2,3
milliards de francs) en 2001 et 975 673 710 euros (6,4 milliards de
francs) en 2002 et profitera à 270 000 entreprises.
La proposition comporte également une
réduction d'impôt en faveur des personnes qui, devenues salariés ou
actionnaires de " sociétés pour l'innovation " de
moins de cinq ans, souscrivent en numéraire à leur capital initial
ou aux augmentations de leur capital.
Or les entreprises peuvent avoir
recours à différents dispositifs afin de rémunérer ou d'associer
à leur capital dans des conditions fiscales et sociales avantageuses
les salariés et dirigeants dont elles ont besoin pendant les premières
années de leur existence ; ces dispositifs, " indexés "
sur leur activité et leurs performances dans l'entreprise, paraissent
mieux adaptés que la mesure proposée.
Ainsi en est-il des dispositifs d'épargne
salariale, que la loi du 19 février 2001 vient d'améliorer, mais
surtout, d'une part, des bons de souscription de parts de créateur
d'entreprise (BSPCE), d'autre part, des options sur titres dont la loi
relative aux nouvelles régulations économiques (NRE) du 15 mai 2001
vient d'alléger la fiscalité dès lors qu'elles sont conçues comme
un instrument d'association durable des bénéficiaires au capital de
l'entreprise.
N.B
publié le 03/06/02
Mise
en place d'un dispositif en faveur des start-up
Tenant à prendre en compte la
spécificité des entreprises de la nouvelle économie, la Direction
Générale des impôts a annoncé la mise en place, au profit de ces
dernières, de correspondants privilégiés au sein au sein des
Directions des Services Fiscaux.
Pour l'instant, seules les start-up
qui dépendent des trois direction d'Ile de France ( Paris-centre,
Paris-est et Seine-Saint-Denis ) bénéficieront d'un interlocuteur
privilégié et identifié.
Si ce test s'avérait concluant,
l'expérience pourrait être étendue à tout le territoire
national.
La mise en place de ces "
correspondants start-up " qui intervient à quelques heures de
la création par le ministère de l'Economie et des Finances d'une
mission pour l'économie numérique présidée par Monsieur Henri
Guillaume, a essentiellement pour but d'accélérer les procédures
fiscales et plus particulièrement celle du remboursement de la TVA.
La TVA constitue pour ces entreprises
une charge importante qui grève leur trésorerie alors qu'elles ont
justement un besoin énorme de liquidités pour assurer leur
développement et couvrir leurs dépenses publicitaires et leurs
investissements technologiques.
Par ailleurs, la procédure de
remboursement des crédits de TVA non imputable est non seulement
lourde mais également très lente, dans la mesure ou il faut au
minimum 2 voire 3 mois pour obtenir ce remboursement.
Sachant enfin qu'il faut
généralement plusieurs mois à une start-up pour commencer à
gagner de l'argent, on comprend bien ce que peut représenter pour
une " start-up " cette charge fiscale.
N.B
publié le 22/01/01
Mesures
prises suite aux états généraux de la création d'entreprises.
Suivant le calendrier
annoncé par le Ministère de l'Economie et des Finances, le coût de la
création d'entreprise devrait être allégé à la rentrée. A compter
du 1er septembre, les droits de timbre et d'enregistrement seront
effectivement supprimés et la publication au BODACC deviendra gratuite.
O.de.M
publié le 20/06/00
|