|
(Communiqué
sur www.europa.eu.int)
La Commission
européenne a présenté une stratégie
globale de taxation des voitures
particulières dans l'Union
européenne.
Elle analyse
tout d'abord les régimes fiscaux
actuellement appliqués aux voitures
particulières en explorant les moyens
d'améliorer leur coordination afin de
supprimer les entraves fiscales à la libre
circulation de ces véhicules au sein du
marché intérieur et les distorsions qui en
résultent.
Le principal
problème qui se pose concerne la taxe
d'immatriculation, que la Commission
recommande de réduire progressivement,
voire d'abolir, et de remplacer par une taxe
annuelle de circulation et une taxe sur les
carburants (de façon que la charge fiscale
reste inchangée mais qu'elle soit liée à
l'utilisation d'une voiture plutôt qu'à
son acquisition).
La Commission
recommande aussi un certain degré de
rapprochement des taxes de circulation
annuelles afin d'éviter une fragmentation
du marché automobile. Ensuite, la
Commission examine les moyens de
restructurer les régimes actuels de
taxation des véhicules pour mettre
davantage l'accent sur les objectifs
environnementaux, en accord avec la
politique communautaire et le protocole de
Kyoto. Elle suggère en particulier que la
taxation des voitures particulières neuves
soit plus directement liée à leurs
émissions de CO2.
La Commission
invite les États membres à prendre ces
recommandations en considération dans le
cadre de l'évaluation et de la révision de
leur dispositif national de taxation des
véhicules.
Elle
pourrait, en outre, présenter des
propositions de législation communautaire
inspirées de ces principes, à la lumière
des conclusions des consultations menées
avec les parties intéressées sur la base
de la communication exposant cette
stratégie.
"Je
suis déterminé à traiter le problème des
entraves fiscales auxquelles sont
confrontés les citoyens et les
constructeurs automobiles sur le marché
intérieur du fait de l'existence de quinze
régimes différents de taxation des
voitures" a déclaré Frits
Bolkestein, le commissaire chargé de la
fiscalité.
"Les
gens doivent trop souvent débourser des
sommes exorbitantes pour transférer une
voiture d'un État membre à l'autre. Nous
devons aussi faire en sorte que les taxes
sur les voitures soient plus clairement
axées sur la réalisation des objectifs
environnementaux de la Communauté".
Régimes
actuels de taxes sur les voitures dans les
États membres
Les taxes
perçues par les États membres sur les
voitures particulières sont très diverses,
tant par leur structure que par leur
niveau.
Elles
comprennent une taxe due au moment de
l'achat de la voiture (taxe
d'immatriculation), une taxe périodique à
acquitter au titre de la détention du
véhicule (taxe annuelle de circulation),
des taxes sur les carburants et d'autres
taxes comme la TVA, les taxes sur les
assurances, les redevances
d'immatriculation, les redevances payées
par les usagers de la route et les péages
routiers.
La stratégie
présentée par la Commission met l'accent
sur les principales taxes frappant les
voitures particulières : la taxe
d'immatriculation, la taxe annuelle de
circulation et, dans une certaine mesure, la
taxe sur les carburants.
En 1999, la
taxe d'immatriculation, qui est pratiquée
dans 10 des 15 États membres, allait en
moyenne de 267 euros en Italie à 15 659
euros au Danemark. Les États membres qui
n'appliquent pas cette taxe, ou dans
lesquels celle-ci est faible, fixent à
titre de compensation des niveaux plus
élevés de taxe sur les carburants. Tous
les États membres, à l'exception de la
France, perçoivent une taxe annuelle de
circulation au niveau national. Son assiette
et ses taux varient sensiblement selon les
pays, allant d'une moyenne annuelle de 30
euros par voiture en Italie à 463 euros au
Danemark pour l'année 1999.
Incidence
sur le marché intérieur
La façon
dont les États membres taxent les voitures
pose de plus en plus de problèmes aux
citoyens et au secteur automobile. Du point
de vue des constructeurs, les grandes
différences existant entre les régimes
fiscaux pèsent négativement sur leur
capacité de tirer parti des avantages
découlant du marché intérieur et par
conséquent d'améliorer leur
compétitivité et de créer des emplois.
L'industrie est souvent obligée,
aujourd'hui, de produire des modèles de
voiture particuliers, aux spécifications
variables (cylindrée, diesel, etc.), pour
alléger les prix hors taxes, notamment
lorsque les véhicules sont destinés aux
marchés des États membres à fiscalité
élevée. Il en résulte des coûts
supplémentaires.
Par ailleurs,
dans la mesure où les obligations fiscales
diffèrent, précisément, l'industrie
automobile adapte souvent ses prix hors
taxes en fonction du niveau de la fiscalité
dans les États membres. Les prix hors taxes
sont généralement plus faibles dans les
États membres qui appliquent une taxe
d'immatriculation élevée.
La Commission
estime qu'en Europe, près de 20% des
écarts de prix constatés pour les voitures
sont imputables à la diversité des niveaux
de taxation.
Le problème
de taxe automobile auquel les particuliers
se heurtent le plus souvent est que la taxe
d'immatriculation doit normalement être
acquittée une seconde fois en cas de
transfert de la voiture d'un État membre à
un autre sans changement permanent de
résidence (dans le cas, par exemple, où
une personne achète un véhicule d'occasion
dans un autre État membre de l'UE pour y
bénéficier d'un prix moins élevé et le
ramène dans son pays d'origine ou achemine
sa voiture dans un autre État membre, où
il dispose d'une résidence secondaire et y
laisse cette voiture), en dépit du fait que
cette taxe d'immatriculation a déjà été
versée dans l'État membre d'origine, et
n'est pas remboursée par cet État membre.
La valeur résiduelle des voitures
appliquée pour calculer cette deuxième
taxe d'immatriculation est en outre souvent
excessive, ce qui se traduit par un montant
disproportionné. Si la personne change de
résidence permanente, la taxe
d'immatriculation ne doit normalement pas
être acquittée une seconde fois, mais
certaines redevances peuvent être
imposées. La jurisprudence de la Cour de
justice a permis de résoudre certains de
ces problèmes, mais un grand nombre
d'autres restent en suspens.
Mesures
à court et long terme pour supprimer ces
entraves
La Commission
recommande, pour éliminer le problème du
double paiement de la taxe
d'immatriculation, que les dix États
membres qui perçoivent une taxe
d'immatriculation mettent en place un
système de remboursement de la taxe
résiduelle dans tous les cas où une
voiture particulière, immatriculée dans un
État membre, est définitivement
transférée dans un autre État
membre.
La Commission
invite les États membres à veiller à ce
que leur mode de calcul de la taxe
d'immatriculation pour les voitures
d'occasion importées d'autres États
membres soit transparent et conforme à la
jurisprudence de la Cour de justice.
La taxe
d'immatriculation constituant
indubitablement une entrave au sein du
marché intérieur, la Commission
recommande, à long terme, que les taux de
cette taxe soient progressivement réduits,
stabilisés à un bas niveau et de
préférence supprimés au cours d'une
période transitoire de cinq à dix ans. En
échange, elle suggère que les États
membres perçoivent des recettes fiscales
auprès des détenteurs de voitures en
relevant les taxes annuelles de circulation
et, dans une certaine mesure, les taxes sur
les carburants.
La Commission
recommande aux États membres de rapprocher
leurs régimes de taxes annuelles de
circulation et, plus particulièrement,
l'assiette de celles-ci, de façon à ce que
les constructeurs automobiles n'aient pas à
produire des modèles différents (équipés
de moteurs de puissance différente, par
exemple) d'un État membre à l'autre.
En formulant
ces recommandations, la Commission affiche
sa détermination à obtenir que le marché
intérieur procure des avantages tangibles
au citoyen européen. Cet objectif
fondamental a motivé aussi l'adoption
récente, par la Commission, de nouvelles
règles de concurrence applicables à la
distribution et au service après-vente des
voitures automobiles, qui entreront en
vigueur au 1er octobre 2002 (voir IP/02/1073
du 17 juillet 2002).
Restructuration
des régimes fiscaux pour réaliser les
objectifs environnementaux
La Commission
recommande que la taxe d'immatriculation
(aussi longtemps qu'elle sera maintenue) et
la taxe annuelle de circulation soient
totalement ou partiellement calculées sur
la base des émissions de CO2. Un seul État
membre (Royaume-Uni) perçoit actuellement
une taxe de circulation tenant compte du
paramètre CO2.
La Commission
recommande aussi que la taxation de
l'utilisation de voitures de société (cas
d'un salarié redevable de l'impôt sur le
revenu qui utilise une voiture de société
accordée en lieu et place d'une
rémunération, par exemple) comporte des
éléments incitant clairement et fortement
les sociétés à utiliser des voitures
émettant moins de CO2.
D'après les
conclusions d'une étude récemment
réalisée pour la Commission européenne,
l'établissement d'un lien plus direct entre
le niveau de taxation et les émissions de
CO2 de chaque voiture neuve permet de
réduire encore plus efficacement ces
émissions. Le Conseil européen et le
Parlement européen ont fixé un objectif
consistant à réduire à 120 g de CO2/km
les émissions des voitures particulières
neuves à l'horizon de 2005, si possible, ou
de 2010 au plus tard. L'industrie automobile
s'est engagée à réduire ces émissions à
140 g de CO2/km, principalement grâce à
des améliorations techniques, laissant un
écart de 20 g/km, qui devra être notamment
comblé par des incitations fiscales.
Parvenir à l'objectif des 120 g/km est
important pour atteindre les seuils fixés
pour la Communauté par le protocole de
Kyoto.
Propositions
de législation
La Commission
recommande au Conseil des ministres de l'UE
d'approuver les principes généraux de la
communication et invite les États membres
à les prendre en compte dans l'examen et la
révision de leurs régimes nationaux de
taxation des véhicules. Après avoir
consulté les États membres, le Parlement
européen et d'autres parties intéressées,
la Commission pourrait présenter des
propositions de législation communautaire
inspirées de ces principes.
Information
générale
Deux
directives du Conseil datant de 1983
interdisent d'appliquer une taxe
d'immatriculation sur les voitures en cas de
transfert temporaire ou définitif de
résidence d'un État membre à un autre. Un
certain nombre de conditions doivent
toutefois être remplies pour bénéficier
de l'exonération. À titre d'exemple, si ce
transfert coïncide avec un changement de
résidence habituelle, la voiture à
importer doit avoir été affectée à
l'usage de l'intéressé depuis plus de six
mois.
Deux
études menées pour la Commission
européenne, l'une concernant la
taxation des véhicules dans les États
membres de l'UE et l'autre concernant les
mesures fiscales destinées à réduire les
émissions de CO2 des voitures neuves,
peuvent être consultées :
Le
texte intégral de la communication
concernant la taxation des voitures
particulières dans l'Union européenne est
également disponible ici...
Communiqué
sur www.europa.eu.int
à l'adresse :
http://europa.eu.int/rapid/start/cgi/guesten.ksh?p_act
ion.gettxt=gt&doc=IP/02/1274|0|RAPID&lg=FR&display=
publié
le 07/10/02
|