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Rappelons que le
mécanisme de l'avoir fiscal été mis en place en 1965 .
Il vise à éviter
une double imposition des dividendes perçus par
les actionnaires. En effet, les bénéfices
distribués par les sociétés ont déjà été
imposés au niveau de la personne morale à l'IS.
Les contribuables
ont découvert l'efficacité de ce mécanisme avec
la déclaration d'impôt de Chaban-Delmas. Celui qui disposait de revenus non
négligeables par le biais d'avoir fiscal n'été
pas imposé à l'impôt sur le revenu.
Certes, des
contribuables célèbres ont attiré depuis lors
l'attention sur leur position, il n'en reste pas
moins que cette utilisation optimisée des règles
fiscales avait suscité un certain émoi dans
l'opinion publique.
Le Ministre des Finances
de l'époque ( Valéry Giscard d'Estaing ) avait dû
expliquer la subtilité de ce mécanisme à la
télévision.... Certes, ces faits ont été
oubliés. Il n'en reste pas moins que l'avoir
fiscal est en crise.
- tout d'abord,
l'administration fiscale dans une instruction parue
durant la trêve des confiseurs , le 28 décembre
2001 a singulièrement restreint la portée de
l'avoir fiscal.
L'Administration
fait désormais coïncider la notion de produits
ouvrant droit à l'avoir fiscal avec celle de
dividendes au sens du Code Civil et du Code de
commerce.
" Par
conséquent, est rapportée la doctrine
administrative qui considère que le caractère de
dividende doit être reconnu à toute répartition
de revenus constituant la rémunération de
l'épargne investie ayant pour objet des revenus
distribués au sens des articles 109 à 115 du Code
Général des Impôts, effectuée au profit
de l'ensemble des actionnaires qui ont
statutairement vocation à la distribution des
produits compte-tenu de la nature et de leur
provenance, au prorata de leurs droits et qui
résulte de décisions régulières des organes
compétents de la société. Désormais, sauf
disposition contraire, seuls les produits
distribués en vertu d'une décision régulière
prise par les organes compétents et soumis à la
réglementation applicable aux dividendes sont
assortis de l'avoir fiscal, et donnent lieu, le
cas échéant, au paiement du précompte ".
Cette instruction
est particulièrement dangereuse car à
l'évidence elle va exclure du bénéfice de
l'avoir fiscal les nombreuses distributions de
dividendes qui sont effectuées en dehors du cadre
classique des assemblées générales statuant sur
les comptes. À titre d'exemple, les distributions
de réserve ne donneront désormais plus droit à
l'avoir fiscal.
- En outre, la
restitution de l'avoir fiscal aux non-résidents
(qui bénéficient du même traitement que les
résidents en vertu des conventions de lutte
contre les doubles impositions) est devenue pour
les finances publiques particulièrement lourde.
Selon les
dernières statistiques officielles (en 1999) 3,8
milliards d'Euros ont bénéficié aux résidents
; 1,5 milliards d'euros ont bénéficié aux
non-résidents.
Selon une information parue dans
le journal La Tribune, en date du 22 janvier 2002,
Bercy serait prêt à mettre un point final à cet
avoir fiscal.
Inspirée du modèle
allemand, la solution est simple. Elle passe par
la suppression pure et dure du mécanisme. Mais,
pour ne pas s'attirer les foudres des actionnaires
individuels (plus de 6 millions de Français), un
avantage fiscal substitutif leur sera proposé.
Inspiré du modèle allemand, il devrait se
traduire par un abattement équivalant à 50 % du
montant des dividendes perçus. Cet abattement se
superposerait à l'abattement forfaitaire de 1220
EUR (2440 EUR pour un couple) .
En conséquence, en
deça de 1220 EURO, l'actionnaire individuel
resterait exonéré d'impôt. Au-delà, les sommes
imposables seraient réduites de moitié. Ce
double abattement ne profiterait bien entendu pas
aux non-résidents, pas plus qu'aux personnes
morales.
Mais pour ces dernières, la pilule est moins amère
: de 50 % le montant de l'avoir fiscal a été
ramené à 15 % au fil des
ans.
M-C.B
publié
le 28/01/02
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