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Substitution des cotisations « employeurs » par une « TVA sociale » : un pari risqué

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Une hausse de la TVA ne doit pas pénaliser la consommation, dernier moteur de la croissance, l’EDHEC recommande de la combiner à une baisse des cotisations « employé »

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Alors qu’il est confronté au ralentissement de l’activité et à une crise institutionnelle de la zone euro, le gouvernement souhaite mettre en œuvre une réforme du financement de la branche « famille » de la Sécurité Sociale en augmentant la TVA et en réduisant les cotisations sociales associées. Le risque « famille » peut en effet être légitimement financé par un impôt payé par tous plutôt que par une cotisation assise sur le facteur travail. La question est de savoir si la baisse des cotisations sociales doit plutôt porter sur les cotisations « employé » ou les cotisations « employeur ».

À la lumière de ses travaux [1], l’EDHEC considère qu’aujourd’hui la première de ces deux options est préférable.

En effet, la baisse des cotisations « employé » se traduirait par une augmentation de la rémunération nette perçue par les salariés. En dépit de la hausse de la TVA décidée en compensation mais appliquée à une assiette plus grande, elle leur procurerait un gain de pouvoir d’achat. Elle serait aussi une incitation significative à revenir sur le marché du travail et jouerait le rôle d’une prime pour l’emploi. Cette mesure serait particulièrement bienvenue dans la conjoncture actuelle, car elle est favorable à la consommation des ménages, dernier soutien de la croissance qui subsiste.

Dans un exercice de simulation macroéconomique, l’EDHEC a montré qu’un basculement de 25 milliards des cotisations sociales « employé » vers la TVA était susceptible d’augmenter le PIB de 0,4% et de créer 114 000 emplois.

Pour l’EDHEC, dans la situation économique actuelle, une « TVA sociale » venant se substituer à des cotisations « employeurs » semble être un pari plus risqué.

Dans ce cas de figure, la hausse des prix de détail TTC sera instantanée, alors que la baisse du coût du travail ne sera répercutée par les entreprises que très progressivement et sans doute partiellement ; la restauration de leurs marges constituant aujourd’hui une priorité.

Les salaires étant désormais à la remorque des prix, la ponction sur le pouvoir d’achat des ménages et l’impact négatif sur l’activité qui en résultent sont très vraisemblables, alors que les bénéfices en termes de compétitivité, de balance commerciale et a fortiori de réduction des délocalisations, demeurent lointains.

Pour ces mêmes raisons, le déficit budgétaire se sera aggravé à court terme, alors que la mesure préconisée par l’EDHEC, en stimulant l’activité et les rentrées fiscales, minore ce risque. Les marchés financiers ne seront pas insensibles à ce dernier argument.

[1] Noël Amenc, Pierre Courtioux, Gérard Maarek , Anne-France Malvache (2007), « La TVA emploi. Une TVA pour créer des empois et améliorer le pouvoir d’achat des salariés », mars 2007, EDHEC, 82 p, Pierre Courtioux, « Les effets redistributifs de la TVA sociale. Un exercice de microsimulation », EDHEC position paper, juillet 2007, 16 p et Gérard Maarek « La réforme du financement de la protection sociale. Essais comparatifs entre TVA sociale et TVA Emploi », EDHEC position paper, janvier 2008, 19 p.


Pour aller plus loin :

- "La réforme du financement de la protection sociale. Essais comparatifs entre TVA sociale et TVA Emploi"

- "La TVA emploi. Une TVA pour créer des empois et améliorer le pouvoir d’achat des salariés"

- "Les effets redistributifs de la TVA sociale. Un exercice de microsimulation"

A propos de l’EDHEC
Le Groupe EDHEC a pour vocation de former des étudiants et des dirigeants à mener des projets et des hommes dans un contexte multiculturel. Le Groupe offre un éventail de formations destinées à couvrir l’ensemble des besoins des entreprises.

Sa large gamme de programmes diplômants internationaux attire des étudiants du monde entier. Près de 6 000 étudiants et 5 500 cadres en séminaires et formation continue sont actuellement répartis sur ses 3 campus de Lille, Nice et Paris. Dans le cadre de sa stratégie internationale, le Groupe EDHEC développe une politique innovante de recherche pour les entreprises, organisée autour de pôles de recherche. Accréditée AACSB, AMBA et EQUIS, l’EDHEC est régulièrement classée parmi les meilleures écoles de gestion européennes.

Plus d’informations sur le site web du Groupe EDHEC : www.edhec.com

L’EDHEC dispose d’une équipe de recherche en économie sur l’évaluation des politiques publiques et la réforme de l’Etat. Les objectifs du pôle en économie de l’EDHEC sont de réaliser une recherche innovante et appliquée permettant à l’EDHEC de disposer d’une expertise reconnue d’un point de vue académique sur des thèmes stratégiques pour l’économie française.

Aujourd’hui le pôle de recherche « Economie » fédère une équipe de 10 professeurs et chercheurs permanents et associés autour de grands thèmes qui s’articulent selon deux directions, d’une part des problématiques à l’intersection des questions économiques et financières et d’autre part liées au modèle social français, et plus particulièrement au marché du travail et à l’éducation.



Publié le lundi 16 janvier 2012
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