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Sécuriser la prospérité scientifique future du Royaume-Uni

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Sécuriser la prospérité scientifique future du Royaume-Uni

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/63277.htm


La Royal Society a publié, le 9 mars 2010, un rapport intitulé « The scientific century : securing our future prosperity ». Ce rapport expose la place unique acquise par le Royaume-Uni, à l’échelle mondiale et au cours du siècle dernier, en matière de recherche scientifique ainsi que les mesures à prendre pour sécuriser cette position enviable.

Alors que la Chine, l’Inde et le Brésil sont en train de redéfinir le paysage politique et économique mondial, le Royaume-Uni doit prendre en compte deux considérations majeures s’il ne veut pas perdre sa position de leader scientifique : 1) la science et l’innovation doivent être placées au coeur de la stratégie de croissance économique à long terme et 2) certains pays émergents investissent à une échelle et à une vitesse que le Royaume-Uni va bientôt avoir du mal à suivre.

Le Royaume-Uni produit plus de publications et reçoit plus de citations par livre sterling dépensée pour la recherche que n’importe quelle autre nation du G8 : 1% de la population mondiale produit 7,9% des publications et reçoit 11,8% des citations (statistiques 2009).

Acquis sur plusieurs décennies, cet avantage scientifique est cependant fragile et six recommandations permettant au Royaume-Uni de demeurer à l’avant-garde de la science sur la scène internationale et de sécuriser sa prospérité sont présentées dans ce rapport de la Royal Society.

Ces six recommandations se déclinent comme suit :

  • Mettre la science et l’innovation au coeur de la stratégie de croissance économique à long terme

- augmenter les dépenses allouées pour la science et l’innovation dans le but de rester à niveau avec nombre de pays augmentant rapidement leurs budgets pour la recherche ;
- définir une stratégie pour la science et l’innovation, pour les 15 prochaines années, de 2011 à 2026, et privilégier l’investissement dans le capital scientifique (infrastructures et compétences) ;
- définir une politique d’augmentation du crédit d’impôt, car les sociétés britanniques dépensent significativement moins en termes de R&D que d’autres pays. Ceci limite la capacité d’innovation du pays.

  • Privilégier l’investissement dans les ressources humaines

- focaliser le financement sur les ressources humaines, dans le but de stimuler une recherche créative et de renommée mondiale, et permettre une souplesse de carrière encourageant les meilleurs chercheurs du Royaume-Uni et du monde à rester dans le domaine de la recherche ;
- donner aux universités les ressources et la souplesse suffisantes pour atteindre la durée européenne moyenne de 8 ans jusqu’à l’obtention du doctorat spécifiée par le processus de Bologne ;
- mettre en place un programme de développement de compétences transversales faisant, à terme, partie intégrale de la carrière de tout chercheur ;
- augmenter le nombre de bourses postdoctorales pour jeunes scientifiques.

  • Renforcer l’utilisation de la science par le gouvernement

- les dépenses stratégiques pour la science effectuées par les différents ministères doivent rapidement faire l’objet d’un rapport indépendant ;
- développer la Small Business Research Initiative, un programme mis en place sous la direction du comité stratégique pour la technologie (TSB, Technology Strategy Board), permettant aux petites entreprises d’obtenir un support financier afin d’effectuer de la recherche innovante ;
- donner plus de ressources aux conseillers scientifiques ministériels pour informer les décideurs ;
- nommer un conseiller scientifique en chef au sein du ministère de l’économie et des finances (HM Treasury).

  • Renforcer la position du Royaume-Uni en tant que centre mondial pour la science et l’innovation

- étendre la portée géographique du réseau scientifique et d’innovation du Royaume-Uni, particulièrement au Moyen-Orient, à l’Afrique et à l’Amérique du Sud ;
- augmenter les mécanismes de soutien, tels les Science Bridges, permettant à des groupes de recherche du Royaume-Uni de collaborer avec des pairs d’autres pays (actuellement en place entre le Royaume-Uni, l’Inde, la Chine et les Etats-Unis) ;
- inciter d’excellents chercheurs à rester ou à venir au Royaume-Uni en doublant par exemple le nombre de Newton Fellowships octroyés chaque année par la Royal Society ;
- améliorer et accélérer les conditions d’obtention de visas pour des chercheurs et scientifiques invités, par le biais de nouvelles directives à prendre par le ministère de l’intérieur (Home Office).

  • Mettre en adéquation la science et l’innovation avec les défis globaux

- aligner les thématiques de recherche avec les intérêts publiques et commerciaux ;
- réformer les systèmes de financement et d’évaluation de la recherche pour soutenir et récompenser les recherches interdisciplinaires ;
- mettre en place et animer un dialogue avec le public et les parties prenantes pour identifier les défis globaux pour la science et la société ;
- protéger les contributions ministérielles à des programmes collaboratifs de recherche pendant la durée de ces programmes.

  • Revitaliser l’éducation scientifique et mathématique

- recruter et conserver les enseignants dans les domaines scientifiques en soutenant par exemple un système d’encouragement à participer à des programmes de formation permettant à des professionnels de se réorienter vers l’enseignement (Transition to Teaching et Teach First) ;
- définir une politique d’encouragement très précise destinée à augmenter le nombre d’enseignants dans le primaire ayant des compétences scientifiques ;
- établir de nouveaux groupes d’experts destinés à conseiller les décideurs sur le développement des programmes scolaires et des diplômes.

To keep running just to stand still ("Continuer à courir pour rester à niveau").

Si le Royaume-Uni s’est en effet imposé au cours du siècle dernier comme un acteur incontournable de la recherche scientifique mondiale, cette position enviable est dorénavant menacée par l’émergence de la Chine, l’Inde ou le Brésil, qui sont en train de redéfinir les paysages économiques et politiques mondiaux, et la volonté du Royaume-Uni de diminuer les dépenses là où les Etats-Unis, la France et l’Allemagne ont défini des plans ambitieux pour augmenter les investissements et encourager l’innovation. A l’inverse de l’Allemagne et du Japon, le Royaume-Uni n’a pas encore de stratégie internationale cohérente pour la science et l’innovation et ce rapport souligne la nécessité d’en établir une au plus vite.


Source : Royal Society, 09/03/2010, http://royalsociety.org/The-scientific-century/

Rédacteur : Dr Maggy Heintz

Origine : BE Royaume-Uni numéro 103 (7/05/2010) - Ambassade de France au Royaume-Uni / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/63277.htm

BE Royaume-Uni numéro 103 du 7 mai 2010
BE Royaume-Uni numéro du 7 septembre 2009

Publié le lundi 10 mai 2010
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